ARCADI : par un coup de force, Mme Pécresse veut condamner l’organisme et ses actions
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[Communiqué de presse AES]

En séance de la commission permanente, ce jour, la région île-de-France, par les voix de sa Vice-présidente Mme Evren et de sa présidente Mme Pécresse, a prononcé l’arrêt de mort de l’organisme associé ARCADI, annonçant que les missions seront intégrées au sein de la région.

A l’origine de cette décision, c’est un conflit entre le Conseil d’Administration et le Conseil régional qui est mis au jour. Lors du renouvellement du poste de direction de l’organisme, le candidat de Mme Pécresse n’a visiblement pas convaincu le Conseil d’Administration. Conséquence : Mme Pécresse annule tout bonnement la possibilité de perdurer pour cet organisme, au mépris de ses missions.

La Région fait un coup de force inadmissible en se retirant unilatéralement de cet organisme et met à mal, en proposant l’intégration dans ses services, l’indépendance de ce service culturel,” s’indigne Sandrine Grandgambe, qui interpellera à nouveau la présidente demain en séance plénière, aux côtés de l’ensemble des professionnel-les de la culture largement mobilisé-es. Le groupe Alternative Écologiste et Sociale rappelle l’importance de l’indépendance de ces missions et du rôle des professionnel-les dans les décisions. Pour l’élue, “il s’agit de choix artistiques auxquels la région ne comprend rien et c’est normal car ce n’est pas sa compétence. La place des professionnel-es est essentielle dans l’innovation artistique, l’émergence d’esthétiques nouvelles, le travail collaboratif, la coproduction, le prêt d’œuvres, l’accompagnement ou l’animation d’un réseau réunissant équipes, programmateurs et autres professionnel-les…

Pour Corinne Rufet, “cette mesure de rétorsion ressemble à une petite vengeance mesquine dont les salarié-es de l’organisme comme les équipes artistiques dans le domaine de l’opéra, du théâtre, des arts de la rue et des arts visuels sont les victimes collatérales. Une fois encore, Valérie Pécresse, en plus de méconnaître les enjeux du spectacle vivant en Île-de-France, fait preuve d’une brutalité et d’incurie”. Pour elle, le message est terrible : “Laissons le marché faire son œuvre et le tri entre les scènes et les compagnies d’art vivant, cela permettra de faire disparaître les plus faibles. C’est toute la “biodiversité” culturelle qui sera ainsi mise en péril et une partie du monde de la culture qui sera étouffée”.