Bio et local dans les cantines : le double objectif doit être maintenu
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[Communiqué de presse AES]

Les sénateurs/trices « Les Républicains » ont retiré l’objectif de 20% de produits issus de l’agriculture biologique dans les cantines scolaires, lors de l’examen du projet de loi sur les relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire en commission des Affaires économiques, au motif qu’il faudrait d’abord privilégier le local ?

Pour les élu-es du groupe AES, cette décision est inadmissible et en totale contradiction avec les demandes des représentant-es de parents d’élèves, notamment la FCPE, qui rappellent que “88% des parents souhaitent aujourd’hui plus d’aliments issus de l’agriculture biologique dans les cantines selon un sondage CSA de 2015”. Les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale de la Région Île-de-France, mobilisé-es depuis plusieurs années sur ce sujet, s’opposent fermement au retrait de cet objectif et regarderont de près le vote final qui aura lieu au Sénat les 26 ou 28 juin.

Alors que Mme Pécresse fait mine de se donner des objectifs ambitieux en matière de bio et local dans les cantines, rien n’est fait pour que le développement de l’agriculture biologique s’opère de manière concrète et pour que les objectifs puissent être atteints.

“J’ose espérer que Mme Pécresse utilisera ses réseaux d’influence pour que ce retrait ne soit pas opéré et pour que le bio soit possible dans les assiettes des lycéen-nes francilien-nes, et que Mme Anne Chain-Larché, sénatrice et ancienne Vice-présidente à l’agriculture au Conseil régional, ne votera pas en faveur de cet amendement qui baisse les objectifs sanitaires pour nos enfants afin de satisfaire les grands lobbyistes agricoles, explique Mounir Satouri. On verra si les grands discours seront suivis d’actes.”

Pour Ghislaine Senée, ”les arguments avancés par le groupe Les Républicains du Sénat ne sont pas recevables. Il n’est plus temps d’opposer le bio et le local, en prétendant que serait favorisée l’importation des produits biologiques. Maintenir l’objectif de 20% de produits bio dans les cantines scolaires est indispensable, et on a la preuve que partout où les communes ont soutenu le bio dans leurs cantines, cela a permis le développement de l’agriculture biologique locale.”

Pour les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale, les Républicains n’ont manifestement pas saisi qu’une bonne santé alimentaire est intrinsèquement liée à une indispensable conversion du modèle agricole. La restauration scolaire est un tremplin important pour la mutation de l’agriculture française et ne représente en aucun cas un danger pour nos territoires. C’est au contraire une opportunité que les collectivités territoriales devraient saisir pour que l’agriculture française se donne à nouveau l’objectif de nourrir sa population.