CDG-Express : un projet inutile et néfaste pour les transports quotidiens des Francilien-nes
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[Communiqué de presse]

C’est désormais avéré : les travaux du CDG Express ont bien commencé à marche forcée, sous la houlette de l’Etat et du Préfet de région, comme en attestent les déclarations d’Elisabeth Borne ce jour, faisant de tous les outils prévus pour la concertation des simulacres. “Alors que ce projet est dénoncé par les habitant-es, les élu-es, et les associations d’usager-es, le gouvernement choisit le passage en force et la précipitation dans une période où les Français-es ont plus que jamais besoin d’être entendu-es,” dénonce Pierre Serne, administrateur du STIF et ancien Vice-Président des transports franciliens.

Pourtant, corroborant les craintes des usager-es, le rapport du Préfet de Région, commandé par la ministre des transports, liste un nombre effarant de risques sur les transports du quotidien de la ligne B du RER et des incertitudes fondées sur les délais de mise en service. Mais les conclusions, à contre-sens de tout l’exposé, entérinent que “rien ne s’oppose […] à la signature du contrat de concession”, imminente.

Pour le groupe Alternative Écologiste et Sociale, si elle a fait mine de s’élever contre, la Présidente de la Région Île-de-France est pleinement responsable d’avoir laisser faire l’Etat sur ce dossier. “Mme Pécresse a voulu faire croire qu’elle agissait alors que le projet était déjà bouclé,” dénonce Julien Bayou, pour qui elle a en fait tenté de se protéger par anticipation des graves effets que ce projet aura sur le quotidien des Francilien-nes. On ne demarre pas des travaux de cette envergure sans les avoir préparés de longue date et personne ne pourra croire aujourd’hui que les décideurs publics, y compris Mme Pécresse, n’étaient pas au courant.”

Comme notre groupe le dénonce depuis toujours, dès ce début de travaux, sont mentionnés des interruptions de service sur la ligne du RER B entre 2021 et 2024 ou encore un large tronçon partagé lors de l’exploitation. De même, alors qu’on nous affirmait que le projet reposait entièrement sur des financements privés, ce ne sont pas moins de 1,7 milliard d’euros que l’Etat prévoit de prêter pour sa réalisation. Un comble lorsqu’on sait qu’une majorité des projets de modernisation des transports publics franciliens et du Grand Paris Express n’est pas financée par l’Etat, alors qu’il s’y était engagé par la signature de contrats de plan avec la Région Île-de-France. Pour le groupe AES, ce sont bien les usager-es du quotidien qui vont payer le prix fort d’un projet privé qui, au final, ne concernera que quelques milliers de personnes capables de payer 24 € pour un aller direct entre Paris et l’Aéroport Charles-de-Gaulle.

Le groupe AES tient à témoigner son soutien à l’initiative de @Plusdetrains qui propose aux usager-es de manifester leur exaspération en levant un carton rouge sous le panneau de leur gare, pour que les RER soient privilégiés face au grand projet inutile du CDG Express. Pour le groupe, ce projet doit être simplement annulé.

Enfin, le groupe demande expressément à ce que Mme Pécresse, lors de sa rencontre avec M. le Préfet Cadot ce vendredi signe toutes les clauses suspensives possibles en cas de conséquences néfastes sur les trajets quotidiens des Francilien-nes pour faire de ses déclarations des engagements écrits. “S’il est à marche forcée, le projet doit être réversible quand la population le demande. Si le tronçon du RER B est négativement impacté, le projet doit être arrêté. Un projet privé de cette ampleur ne doit en aucun cas avoir des effets sur les services publics de Francilien-nes,” a martelé Mounir Satouri, président du groupe.