Débat d’orientations budgétaires du STIF : Valérie Pécresse enfume les Francilien-nes
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[Communiqué de presse AES]

Réuni jeudi 8 novembre, le Conseil d’administration du Syndicat des Transports d’Île-de-France n’a pas pu débattre de ses orientations budgétaires pour 2019 avec sa présidente, Valérie Pécresse, qui a fait le choix une nouvelle fois de fuir la séance.

Cette situation récurrente devient préoccupante à l’heure où la Région Île-de-France doit plus que jamais s’engager dans la transition écologique et améliorer les conditions de transports des millions d’usager-es qui les empruntent quotidiennement.

Administrateur du STIF et conseiller régional, Pierre Serne a regretté un débat expédié en à peine une heure devant un Conseil largement déserté, alors même que sa présidente engage le syndicat dans une stratégie financière très risquée reposant sur endettement sans précédent et non soutenable.

Le STIF prévoit ainsi d’augmenter sa dette jusqu’à 13 milliards d’euros d’ici 2030, la multipliant par 10 et faisant peser des intérêts annuels énormes sur un budget qui doit pourtant supporter plus d’un milliard d’euros annuel de dépenses liées aux nouvelles offres de transport. Ce dérapage financier programmé entraîne non seulement une impasse budgétaire dès 2024 mais il laisserait durablement exsangues les transports régionaux après le départ de Valérie Pécresse. Or aucun scénario n’est proposé pour au moins esquisser des pistes de recettes nouvelles pérennes ou de lissage dans le temps des investissements programmés. Dans l’immédiat, on lit en filigrane de ce tableau inquiétant des hausses de tarifs dans les mois qui viennent.

“Valérie Pécresse prépare à l’évidence de nouvelles hausses brutales du Pass Navigo mais se garde bien à ce stade de les annoncer, explique Pierre Serne. En pleine fronde contre la hausse du prix des carburants, elle ne veut pas apparaître comme celle qui infligera la double peine aux Francilien-nes. Or, pour qu’il y ait un réel report vers les transports en commun, ces derniers doivent rester abordables.”  

“On ne peut pas matraquer le pouvoir d’achat des Francilien-nes, il y a urgence à trouver de nouvelles recettes pour le STIF. Valérie Pécresse a abandonné l’idée d’une taxe poids lourds pour les camions en transit en Île-de-France, qui était pourtant une source potentielle de revenus et un moyen de responsabiliser les entreprises polluantes. Elle serait en tout cas bien inspirée de se plonger un peu plus sérieusement dans les dossiers et les comptes du STIF sous peine de le mettre à terme dans une situation intenable.”

Il est ainsi peut-être temps de mettre à plat son programme électoraliste d’investissements infaisables et d’étaler dans le temps les achats de matériels roulants. Cela éviterait au passage de se retrouver dans quelques années à devoir renouveler d’un coup tous les matériels roulants avec des moyens financiers incertains.