Discours de Mounir Satouri aux vœux du groupe Alternative Écologiste et Sociale pour l’année 2019
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 DISCOURS DE MOUNIR SATOURI

Seul le prononcé fait foi

VŒUX DU GROUPE ALTERNATIVE ÉCOLOGISTE ET SOCIALE

18 JANVIER 2019

 

Bonsoir à toutes et tous,

Elu-es, responsables associatifs, responsables des groupes politiques, membres des partis politiques, militantes et militants, 

Tout d’abord, je vous souhaite la bienvenue aux vœux de notre groupe Alternative Écologiste et Sociale. Je suis très heureux de vous voir aussi nombreuses et nombreux ce soir. C’est la première fois – je crois – que nous sommes ici autant de personnes réunies…

Aussi, je ne peux commencer mon intervention sans rendre hommage à toutes les femmes et tous les hommes, dans notre région, qui se mobilisent… et je sais qu’il y en a beaucoup parmi nous, ce soir … à vous toutes et tous qui agissez contre les politiques désolantes de Madame Pécresse ou de Monsieur Macron. Je sais que vous êtes ici parce que vous refusez les coupes budgétaires dans l’environnement, la culture, l’ESS, les solidarités, mais que le manque de financement ne vous a pas empêché-es, en 2018, d’agir auprès des plus précaires, pour la protection de nos ressources, pour vos idéaux et les combats que vous poursuivrez.

Un grand merci à vous toutes et tous, car ces actions, vos actions, portent l’espoir d’un changement en Île-de-France et on le sait : vous ne lâcherez jamais rien. Merci !

Nous vivons une période particulière. Une crise démocratique…

Les crises sociale, environnementale, institutionnelle se superposent. Les citoyennes et les citoyens n’en peuvent plus de ne pas être entendus et ils le font savoir.

Enfin, les invisibles deviennent visibles.

Enfin, il se murmure que ce n’est plus possible de prendre les décisions à leur place, mais qu’il faut les associer… Enfin, il se murmure qu’il faudrait débattre !…

Mais déjà, nous savons qu’il n’est pas possible de faire confiance à une Valérie Pécresse ou à un Emmanuel Macron. Non. Nous sommes déjà sûr-es que l’un comme l’autre ne sont pas capables d’entendre la parole telle qu’elle est, mais qu’ils risquent de la manipuler à leur avantage…

Focalisons-nous sur l’Île-de-France…

A aucun moment, Valérie Pécresse ne tend l’oreille vers les Franciliennes et les Franciliens.

Comment pourrions-nous croire que leur parole serait entendue alors qu’elle n’a pas tenu son engagement sur le tarif du passe Navigo ? Comment croire qu’elle soutient la politique culturelle quand elle détruit les organismes culturels de notre région ? Comment croire qu’elle soutiendrait nos lycéennes et lycéens quand la seule réponse à leurs revendications légitimes est celle de la répression ?

Non, Valérie Pécresse !… on ne peut pas jeter à la poubelle les pétitions contre le CDG Express, contre la destruction de la forêt de la Corniche des forts ou contre Europacity.

Non, Valérie Pécresse ! … On ne peut pas balayer d’un revers de main les demandes des syndicats, les propositions d’expérimentation du droit d’interpellation populaire, d’un revenu de base ou la taxation poids lourds. Non, on ne peut pas juste faire semblant de faire de la solidarité…

Car vous connaissez la méthode Pécresse ?

C’est celle de la communication sans action… c’est la méthode de la politique “symbolique”… sans contenu.

Par exemple : suppression de tous les budgets de l’hébergement d’urgence, des politiques de solidarité, de la lutte contre les discriminations, mais elle fait une maraude… si si, elle l’a vraiment faite. ça fait pas mal de photos…

Je vous donne un autre exemple :

Elle détruit les politiques environnementales, les aides à l’éducation à l’environnement, elle détruit des espaces verts, elle prévoit déjà de remettre en cause l’équilibre du SDRIF, elle donne tout ce qu’elle peut à la FNSEA, veut toujours plus de routes, oublie de dépenser le budget des énergies renouvelables et des véhicules électriques… mais elle signe une charte contre les perturbateurs endocriniens… Le symbole, toujours et encore…

Alors non, ne leur faisons pas confiance. Mais ne leur laissons pas la place non plus ! Ils nous ferment les portes ? Ce n’est pas grave, nous passons par les fenêtres !

Nous déposons des centaines d’amendements, nous faisons des recours, nous nous déplaçons, nous vous rencontrons… Avec vous, nous continuerons à porter notre désir de solidarité et de responsabilité environnementale.

Nous ne pouvons pas nous taire !

Nous n’avons pas le droit de nous taire et je tiens à remercier l’ensemble des élu-es de notre groupe, qui ne se laissent pas faire…

Julien Bayou  

Marie-Odile Bertella Geffroy

Fanélie Carrey Conte

François Damerval

Emir Deniz

Sandrine Grandgambe

Benoît Hamon

Anne-Claire Jarry-Bouabid

Samia Kasmi

Hella Kribi-Romdhane

Annie Lahmer

Mohamed Mechmache

Claire Monod

Bénédicte Monville

Roberto Romero

Corinne Rufet

Rama Sall

Ghislaine Senée

Pierre Serne

 

Je remercie également nos collaboratrices et collaborateurs, qui nous soutiennent, nous alimentent, nous questionnent, nous supportent au quotidien. merci à eux.

Tout ce qui se passe aujourd’hui, je ne sais pas pour vous, mais moi, je le vois aussi comme une bonne nouvelle. Toute part du débat est bonne à prendre et nous la prendrons.

Regardez !

La pétition “l’affaire du siècle” a réuni plus de 2 millions de signatures en quelques jours, autour de Greenpeace, de la FNH, d’Oxfam et de Notre affaire à tous.

Regardez les multiples anonymes qui se mobilisent pour accueillir les réfugié-es et les migrant-es dans un élan de solidarité extraordinaire.

Je tiens ici à remercier toutes celles et tous ceux qui donnent de leur temps, qui prennent des risques pour préserver notre humanité et notre planète.

Et cette énergie sera gagnante. Parce que plus personne n’est dupe aujourd’hui et parce que les mauvaises volontés et les manipulations de celles et ceux qui nous tirent vers le bas sont de plus en plus visibles. Flagrantes. Déchiffrables.

Parce qu’on sait aujourd’hui qu’il est possible de donner un logement aux personnes sans-abri, d’encadrer les loyers et de lutter contre la précarité énergétique et de permettre à toutes et tous de se loger dignement.

On sait qu’il est possible de revoir notre modèle agricole et de changer notre façon de consommer pour protéger notre santé et notre environnement.

On sait que la transition écologique peut être un levier pour l’emploi, que les transports en commun et les mobilités actives sont un moyen de limiter la pollution de l’air.

On sait que nos services publics doivent être renforcés et qu’il faut revoir l’aménagement du territoire tel qu’il est pensé depuis des décennies afin de réduire les inégalités territoriales, sociales et environnementales.

Les solutions existent ! Mais il faut avoir le courage politique de les mettre en œuvre et cesser de distribuer l’argent public là où il n’y en a pas besoin.

On connaît les dégâts sur les finances publiques du CICE et Valérie Pécresse fait la même chose en Île-de-France. Par exemple, la semaine prochaine, elle va faire voter un million d’euros de subvention à SAFRAN… un million d’euros pour un grand groupe qui fait 2,5 milliards d’euros de bénéfices et qui redistribue 500 millions à ses actionnaires.

Elle leur donne 1 million d’euros alors que l’aide annuelle pour l’ensemble des associations d’Île-de-France n’est que de 850 000 euros par an… Je ne ferai pas plus de commentaires.

Alors je fais le vœu que cette année soit celle de la défense de cette démocratie qui nous tient à cœur, de cette démocratie des citoyennes et des citoyens, des idées, celle de la responsabilité Sociale et Environnementale, celle où les décisions publiques respectent les choix des habitant-es. Et, sait-on jamais, dans notre région aussi…

Ainsi, pour 2019, je proposerai que le groupe porte un vœu : celui de l’organisation d’une Conférence des Parties. une COP francilienne, pour mettre en œuvre les solutions franciliennes contre le dérèglement climatique, contre l’effondrement de la biodiversité et contre les inégalités sociales.

Et je proposerai que le groupe soumette ce vœu au vote de l’assemblée régionale…

Toutes ces intolérances font peser un péril grave sur la société que nous défendons toutes et tous ici.  Nous devons être très attentifs-ves à la sauvegarde de notre si précieux vivre-ensemble, des valeurs humaines simples de solidarités, d’égalité. Et je pense particulièrement à l’égalité entre les femmes et les hommes.

Toutes et tous ici, nous défendons l’humanité et son environnement et je sais que nous avons l’énergie de continuer malgré les vents contraires. Merci à toutes et tous.