Droit au logement : au grand dam des Francilien-nes, le Conseil régional se vante de ne plus rien faire
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[Communiqué de presse AES]

En pleine crise du logement, le Conseil régional a adopté ce mardi un budget logement à nouveau en baisse de 7% sur proposition de Geoffroy Didier et Valérie Pécresse. Alors que les Francilien-nes sont confronté-es depuis plusieurs années à un effondrement de leur pouvoir d’achat et à des difficultés croissantes pour se loger, ce budget acte l’accélération d’un désengagement massif de la droite régionale.

“Année après année, nous assistons à l’anéantissement de l’action régionale sur la question du logement. En trois ans, le budget de ce secteur a fondu de 62%, soit presque 500 millions d’euros d’investissements perdus depuis 2015, a déploré Claire Monod. Le mal logement progresse avec comme corollaire la dégradation du cadre de vie, l’allongement des temps de transports et l’aggravation des inégalités territoriales. Au point que certains emplois peinent désormais à être pourvus car les logements deviennent inabordables.”

Dans une communication aussi abusive qu’inexacte, le Vice-président en charge du logement a tenté de justifier son inaction devant une opposition régionale pourtant confortée par un rapport du Conseil économique, social et environnemental régional particulièrement sévère sur le bilan de la politique logement de Valérie Pécresse. Le Ceser se dit en effet “inquiet des effets de cette baisse sensible” des aides au logement social et à la rénovation urbaine, rappelant “les effets du désengagement brutal mené en 2017” par la Région.

“La conséquence de ce grand renoncement est d’ores-et-déjà visible sur le terrain, s’inquiète Claire Monod. Le secteur de la construction recule depuis 2 ans en Île-de-France et la politique de la ville est totalement au point mort. La lutte contre la précarité énergétique est délaissée au détriment du pouvoir d’achat et des engagements pour le climat. Et au lieu de soutenir les acteurs franciliens du logement social et d’inciter à l’encadrement des loyers, Valérie Pécresse continue de soutenir les maires qui ne respectent pas la loi SRU.”

La Région aurait le pouvoir d’être un acteur indispensable de la politique du logement en Île-de-France. Pour ce faire, le groupe Alternative Écologiste et Sociale a déposé plusieurs amendements visant à restaurer les marges de manoeuvres du Conseil régional dans la lutte contre l’habitat insalubre, la résorption des passoires énergétiques, le soutien au logement des jeunes, la rénovation urbaine ou la construction de logements sociaux. Parmi ces amendements, tous rejetés, le groupe AES proposait des dispositifs pour améliorer l’hébergement des Francilien-nes sans-abri ou pour soutenir l’encadrement des loyers dans la région la plus chère de France pour se loger.