EuropaCity : sans vergogne, l’État continue d’encourager le greenwashing
Partager

[Communiqué de presse AES]

Après avoir balayé d’un revers de main l’avis défavorable d’août 2017 du commissaire enquêteur sur la modification du PLU de Gonesse qui pointait “[..]. des impacts environnementaux négatifs importants […]”, l’État demande aux promoteurs d’EuropaCity de revoir une nouvelle fois leur copie pour rendre le projet “plus acceptable en matière d’environnement”.

“Cette énième modification du projet EuropaCity ne changerait rien au fond du problème. Depuis toutes ces années où nous suivons ce dossier, nous constatons que les pouvoirs publics accompagnent honteusement des intérêts privés pour la réalisation de ce projet d’urbanisme, regrette Mounir Satouri. A la réalisation d’une gare en plein champ et à l’aménagement de routes pour satisfaire aux besoins du groupe Immochan s’ajoutent la prédation sur les commerces de proximité et le miroir aux alouettes de l’emploi. Et, bien évidemment, les questions de la qualité de vie des habitant-es et la préservation de l’environnement font l’objet d’arrangements cosmétiques.”(1)

Une illustration parfaite de ce que Nicolas Hulot a nommé l’écologie des petits pas : la tentative d’améliorer un projet dont les fondements mêmes vont à l’encontre des rudiments de la protection de l’environnement : sacrifice de terres agricoles, création d’un complexe commercial ex nihilo, promotion d’un tourisme irraisonné.

“Il faut le dire clairement, le projet EuropaCity, dans sa conception et sa philosophie générale, n’est pas et ne sera jamais un projet compatible avec les enjeux sociaux et environnementaux  de notre temps. Et le greenwashing voulu par les promoteurs et l’État ne changera rien à cette évidence,” martèle Mounir Satouri.

Dans le même temps, le collectif des associations locales qui s’opposent à ce projet néfaste porte un projet pour le territoire alliant agriculture biologique, préservation des terres agricoles et création d’emplois durables : le projet CARMA. Au lieu de recevoir une écoute sérieuse et attentive des pouvoirs publics, le collectif a été sommé, par voie judiciaire (suite à une plainte de l’Établissement public foncier d’Île-de-France), de détruire le potager citoyen créé et entretenu sur le site de Gonesse.

“Cette défiance des pouvoirs publics à l’égard des initiatives citoyennes est symptomatique de la fracture entre les décideurs et les citoyen-nes, regrette Mounir Satouri. Pas un centime pour aider les habitant-es à monter un projet local qui les concerne directement tandis que les promoteurs d’EuropaCity sont reçus en grande pompe et que toutes les vannes des caisses publiques leur sont ouvertes.” Le président du groupe AES a officiellement saisi la Présidente de la Région Île-de-France pour que le projet CARMA soit présenté par le collectif et reçoive toute l’attention nécessaire.

 

(1) Voir la tribune de Mounir Satouri sur Reporterre : https://reporterre.net/Auchan-et-Europacity-veulent-pomper-les-finances-publiques