La mixité scolaire et sociale ne doit pas être mise à mal dans les lycées d’Île-de-France
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[Communiqué de presse AES]

La FCPE avait déjà interpellé le ministre et fait part de ses inquiétudes aux services de l’Éducation nationale chargés des écoles et des collèges sur le nouvel algorithme qui oriente les élèves du collège dans les lycées.

Pour les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale, la mixité scolaire et sociale des lycées franciliens risque d’être mise à mal alors qu’elle devrait être renforcée. Les critères de sélection par les notes ou de localisation mal pondérés ou trop peu atténués par d’autres critères permettant de réduire les écarts de résultats entre les établissements risquent d’augmenter la ségrégation inter-lycées, la concurrence entre établissements, voire les stratégies d’évitement de certains lycées.

Julien Bayou, qui avait déjà demandé l’an dernier1 au ministère de l’Education Nationale la transparence sur le processus d’affectation dans les lycées via le logiciel Affelnet, et avait ainsi obtenu le code source, rappelle : “La diversité des niveaux scolaires et des milieux sociaux sont des facteurs essentiels pour la réussite de tou-tes les élèves défavorisé-es et pour la cohésion nationale. Nous demandons la plus grande transparence sur les modes d’affectation des futur-es lycéen-nes ainsi que des garanties concernant la mixité sociale et scolaire dans tous les lycées. Le rectorat ne doit pas transformer l’orientation en roulette russe mais garantir que l’affectation de chaque lycéen-ne résulte d’un projet d’orientation personnalisé et non pas d’un algorithme.

Les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale rappellent leur attachement à l’école publique et à sa promesse d’égal accès à une éducation de qualité pour toutes et tous, et ainsi leur opposition à ces logiques de concurrence croissantes développées dans les mécanismes de sélection à l’entrée au lycée ou à l’université.

“Après Parcoursup, après le renforcement du financement des lycées privés par la Région Île-de-France, c’est encore une mauvaise nouvelle pour les lycées publics, qui concernent pourtant 90% de nos lycéen-es francilien-nes,” déclare Sandrine Grandgambe. “Les bouleversements actuels au sein de l’éducation nationale sont dangereux pour notre école et il faut lutter contre cette tendance de l’éducation au mérite, à la sélection, qui risque d’affaiblir le système public et, partant, de renforcer l’attractivité des lycées privés. ”

 

1 L’an dernier déjà, le logiciel Affelnet n’avait pas permis d’assurer la mixité et l’équité entre les élèves et les établissements puisque certains lycées avaient finalement accueilli un taux d’élèves boursier-es supérieur à 80% !