Le budget 2019 confirme le désengagement de la Région pour l’alimentation biologique dans les cantines
Partager

[Communiqué de presse AES]

L’année 2019 sera l’acte 1 de la fin des ambitions pour une alimentation de qualité dans les lycées franciliens.

Valérie Pécresse entérine la fin de l’aide à l’introduction de produits biologiques dans les assiettes des élèves. En “remplacement”, elle affecte 2,5 millions d’euros dans le budget dédié à l’environnement. Pour financer la création d’une cartographie des producteurs et productrices à proximité des lycées. C’est utile mais tellement insuffisant.

Le passage de l’expérimentation à la mise en place massive d’une alimentation biologique dans les cantines nécessiterait une adaptation des cantines, des modes de transformation des produits et de leur préparation. Il n’en sera rien. Pire : 100 lycées qui bénéficiaient d’une aide pour l’expérimentation de produits bio se retrouvent le bec dans l’eau, sans aucun outil d’incitation.

Mme Pécresse fait le choix de supprimer les aides pour l’introduction des produits bio et locaux dans les cantines. Elle a choisi de limiter l’investissement régional à la réalisation d’une simple cartographie des productrices et producteurs locaux (pas forcément biologiques). Une cartographie inutile si les établissements n’ont pas les moyens de se fournir auprès de ces producteurs et de transformer les produits,” indique Bénédicte Monville.

Les propositions du groupe AES reposaient sur l’adaptation des cantines par le remplacement des matériels et la formation des équipes pour modifier les processus de préparation. Toutes les collectivités qui ont fait l’effort de s’engager dans la qualité de l’alimentation pour leurs élèves ont travaillé sur la mise en place et l’animation d’une filière complète : production locale et biologique, unités de transformation des produits, conservation et préparation des aliments dans des cuisines internes, conservation des plats préparés, limitation de l’utilisation des plastiques, lutte active contre le gaspillage et, enfin, valorisation des déchets.

La région Île-de-France ne fera rien de tout cela. C’est un recul dont Mme Pécresse devrait mesurer les conséquences. “Quand les fédérations de parents d’élèves demandent mieux, Mme Pécresse fait moins, regrette Sandrine Grandgambe. Si la présidente de Région souhaitait que les lycéen-nes francilien-nes puissent manger sainement, elle devrait investir dans du matériel adéquat, appuyer la formation des agent-es et viser la qualité de l’alimentation. En réalité, la santé des lycéen-nes n’est pas une priorité pour elle ! Au lieu de cela, elle n’aspire qu’à la rentabilité”.