Les grosses ficelles de Valérie Pécresse sur les quartiers populaires
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[Communiqué de presse AES]

Ce matin, et profitant du désaveu du Président Macron sur le rapport Borloo, Mme Pécresse annonce en grandes pompes sa volonté de faire un plan Banlieues en Île-de-France et d’y accorder le chiffre farfelu de 12 milliards d’euros, dont 3 milliards seraient attribués aux quartiers populaires..

Qui peut y croire ? 12 milliards d’euros, ce n’est pas moins que le budget total de la région pendant 3 ans. Ne sortent du chapeau que les vieilles recettes et des propositions non financées… mais surtout, finalement, aucune mesure ciblée sur les quartiers populaires. Un tour de passe-passe, selon le groupe Alternative Écologiste et Sociale, qui vise à faire croire que les 102 quartiers populaires d’Île-de-France sont une préoccupation, alors qu’en réalité, son plan banlieue, c’est de ne pas donner d’argent aux banlieues.

Après avoir cassé toutes les politiques de solidarité, supprimé les emplois aidés dans les quartiers populaires, coupé les financements aux missions locales et aux centres sociaux, aux associations de lutte contre les discriminations ou en faveur de la démocratie participative, Mme Pécresse invente un budget de 12 milliards d’euros, avec pour seuls axes tangibles les 150 M€ qui pourraient être dégagés sur la vente du siège régional (qui sont pourtant nécessaires à l’achat du nouveau siège de 400 M€) ou – et c’est un comble – la mise en place d’une politique de l’arrondi sur salaire pour que les agents du siège régional puissent participer à ce fonds !

“Mme Pécresse se moque vraiment des quartiers populaires de notre région, s’insurge Mounir Satouri qui rappelle que la participation de la région au NPNRU 2014-2024 a été affichée à 250 M€ (nouveau programme de renouvellement urbain) alors que le précédent plan était d’1,2 Md d’€ sur 10 ans.

Depuis son arrivée à la Région Île-de-France, Mme Pécresse a supprimé la moitié des aides au logement social et la totalité des crédits pour la rénovation énergétique des logements. Pour les élu-es du groupe, le logement social doit être défendu et non constamment stigmatisé.

“Si on veut de la mixité sociale, il faut renforcer la création de logements sociaux, pas sur le modèle des tours, mais sur le modèle actuel. Les logements sociaux ne sont pas un problème mais une solution pour aider les Francilien-nes à sortir des schémas sociaux qui les tirent vers le bas, rappelle Mohamed Mechmache, qui considère que Mme Pécresse se trompe de cible.”

Aucune réponse n’est apportée, dans les annonces de ce matin, sur les problèmes des quartiers populaires : rien sur l’investissement, rien sur l’emploi, rien sur les déserts médicaux ou les discriminations. Pour les élu-es du groupe, Mme Pécresse comme M. le Président Macron sont victimes de leur propre propension à la caricature…