Limeil-Brévannes : une expulsion de plus, à quand une vraie politique d’accueil ?
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[Communiqué de presse AES]

En quelques heures ce lundi 30 octobre, les habitant-es du bidonville rom des “Temps Durables” à Limeil-Brévannes (94) ont été expulsé-es et leurs habitations ont toutes été détruites.

Les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale condamnent le cynisme avec lequel ces décisions d’expulsion sont prises à la veille de la trêve hivernale, faisant fi des démarches d’insertion des personnes installées et des associations qui les accompagnent afin de permettre une meilleure intégration, une scolarisation des enfants et la création de lien social.

“Quand on met en place des politiques d’accueil et d’intégration des migrants, ça marche. On le sait maintenant, il existe des exemples dans notre région comme ailleurs, réagit Annie Lahmer, élue régionale du Val-de-Marne. C’est bien la volonté politique qui manque, on refuse de traiter ces personnes avec la dignité qui s’impose et avec le respect qui leur est dû, c’est inhumain.”

Le groupe Alternative Écologiste et Sociale dénonce également l’attitude coupable d’élu-es comme la maire LR de la ville, Françoise Lecoufle, qui avait multiplié les communications à l’encontre des populations installées (déclarations à la presse, affichages, réunions publiques), ou encore la surenchère du sénateur UDI Laurent Lafon, qui avait promis lors de sa visite sur place le dépôt d’une loi visant à accélérer les procédures d’expulsion.

Le groupe AES s’oppose une fois de plus au traitement irresponsable de la problématique de l’accueil des migrant-es et réfugié-es en Île-de-France, tant d’un point de vue médiatique que pratique.

“Aujourd’hui des millions d’êtres humains fuient la guerre, les persécutions et la misère, l’ONU évoque le chiffre de 250 millions de réfugié-es à l’horizon 2050, l’heure n’est plus au déni ou aux mesures répressives qui n’apportent aucune solution, réagit Mounir Satouri, Président du groupe Alternative Écologiste et Sociale. Les responsables politiques doivent désormais être à la hauteur des enjeux et organiser l’accueil des personnes migrantes. Cela vaut au plan local comme national ou européen.”

 

Crédits photos : Agnès Vives/Le Parisien