L’impératif olympique au détriment de l’intérêt général
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[Communiqué de presse AES]

Au Conseil régional Île-de-France, lors de la commission permanente du 24 janvier 2019, un rapport intitulé “JOP 2024 : mise en conformité du SDRIF avec le projet de cluster média” met en péril les équilibres urbanistiques décidés lors de l’élaboration du document planificateur francilien de 2013 qui vise aussi à préserver les espaces verts et naturels en Île-de-France.

Pour justifier l’urbanisation de la frange sud de l’Aire des Vents (au Bourget-93), l’exécutif demande officiellement une compensation par la création d’espaces verts mais oublie d’en préciser l’endroit, ce qui – en l’état – ne respecte pas l’équilibre du document d’urbanisme. L’exécutif a décidé de reculer, également, promettant 7 hectares d’espaces verts compensatoires au lieu des 14 hectares minimum initialement prévus. “C’est toujours la même histoire avec ce type de projet. Des zones qui ont été définies comme espaces verts à pérenniser sont finalement artificialisées pour satisfaire les promoteurs. Et, on jette de la poudre aux yeux, en disant que l’on va “compenser” sans jamais dire où, ni comment, dénonce Mounir Satouri. « Mais nous avons une certitude : les habitant-es qui profitent aujourd’hui des 7 ha d’espaces verts en seront lésé-es demain et les poumons verts qui restent à l’Île-de-France ne doivent pas être détruits. Plusvous précisez, plus vous renoncez” a tancé l’élu.

Le groupe Alternative Écologiste et Sociale a proposé un rejet de la délibération de Mme Pécresse. Il demande que la Région Île-de-France bâtisse un argumentaire solide pour émettre un avis clairement défavorable à cette décision. Se pose un débat de fond sur la souveraineté des pouvoirs publics et le respect des règles face aux appétits des promoteurs.

“Le dossier de candidature pour l’organisation des JOP 2024 a été réalisé après la mise en application du SDRIF. Comment se fait-il que ce dossier ait été validé alors qu’il était incompatible avec les règles d’urbanisme de la Région ?”, s’interroge Annie Lahmer.

“La loi Olympique du 27 mars 2018 permet de nombreux “ajustements” avec les textes et les lois en vigueur. Cette décision autoritaire de modification de nos règles d’urbanisme n’est sans doute pas la dernière, s’inquiète Annie Lahmer. La semaine dernière, par exemple, nous avons appris avec surprise la notification d’expropriation par Solideo d’une partie de l’école d’ingénieur Supméca à Saint-Ouen ».