L’Outre-Mer : au-delà des déclarations, des partenariats sans ambition
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[Communiqué de presse]

Le Conseil régional d’Île-de-France a adopté ce jeudi 22 novembre trois conventions de partenariat avec des collectivités d’Outre-Mer, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion.

Si les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale ont salué la volonté de cultiver et renforcer les liens intenses entre l’Île-de-France et les territoires ultra-marins, ils regrettent le choix de l’exécutif régional de ne pas y associer l’ensemble des collectivités d’Outre-mer. “En privilégiant les liens avec certaines collectivités territoriales quand d’autres sont exclues du partenariat, la Région Île-de-France introduit une disparité entre les territoires ultra-marins et les place de fait dans des relations de concurrence alors que c’est d’une plus grande coopération entre les territoires dont nous avons besoin pour assurer la transition écologique et un développement économique durable”, a regretté Bénédicte Monville.

Par ailleurs, les projets uniquement orientés vers le développement économique n’ouvrent aucune perspective d’émancipation pour ces territoires et l’absence de prise en compte des graves enjeux environnementaux qui pèsent sur leur avenir est particulièrement regrettable. “En faisant cela, Valérie Pécresse et Patrick Karam reproduisent les vieux schémas coloniaux. Les partenariats sur le volet économique privilégient une agriculture d’exportation tournée vers le marché francilien et ne donnent pas la priorité aux TPE et PME locales. Le soutien à l’emploi est essentiellement orienté dans le domaine des arts, des services et du sport, c’est-à-dire les activités que la société coloniale réservait déjà aux afro-descendant-es. Et comment ne pas voir dans les tensions en cours à la Réunion un cruel désaveu de cette politique économique ?”

Bénédicte Monville a enfin déploré l’absence quasi totale de prise en compte des scandales environnementaux récents : “l’empoisonnement de la terre, de l’eau et des habitant-es au chlordécone pour des siècles pour le seul profit des planteurs de bananes ;  les Sargasses qui pourrissent littéralement la vie des Antillais-es ; le projet de montagne d’or en Guyane qui pose l’extractivisme comme seul horizon de développement économique offert aux guyanais-es avec des conséquences gravissimes pour l’environnement. Tous ces sujets sont totalement absents du logiciel de la Région Île-de-France…”

Pour toutes ces raisons, notre groupe s’est abstenu sur la délibération proposée. “Il est temps de comprendre que ces territoires ont besoin d’une coopération émancipatrice qui s’appuie sur une réelle compréhension de leurs problématiques“ a expliqué Mme Monville.