Lutte contre la dépénalisation universelle de l’homosexualité : Mme Pécresse rate la marche (des Fiertés)
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[Communiqué de presse]

Valérie Pécresse a proposé ce jour au Conseil régional un voeu demandant au gouvernement de relancer l’action en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité à l’ONU. Pour les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale, l’intention louable n’est pourtant pas à la hauteur des enjeux. Par ailleurs, Mme Pécresse n’a pas réussi à se racheter une virginité sur le sujet tant les élu-es de Sens Commun (qui font partie de sa majorité) ont fait pression en séance pour annuler des améliorations apportées au texte par notre groupe et qu’avait semblé accepter la présidente de région.

Le groupe AES regrette les conditions d’examen de ce voeu, préparé dans la précipitation et sans la moindre concertation avec les ONG spécialisées, alors qu’une telle démarche requiert au préalable des mois de démarches diplomatiques.

Pire, les pressions exercées par les droites extrêmes auront donc eu raison de la parole de la Présidente et des améliorations utiles qui avaient été portées à un texte trop vague et potentiellement contre-productif s’il visait vraiment une victoire à l’ONU sur ce dossier sensible et complexe.

En l’état, l’appel de la Région Ile-de-France comporte de nombreuses imprécisions, reculs et incohérences vis-à-vis des démarches menées actuellement et depuis des années par les ONG et les diplomaties engagées en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité :

  • l’appel passe à la trappe la situation des lesbiennes, des personnes bisexuelles, transgenres ou transexuelles qui subissent tout autant les persécutions dans plus de 70 pays dans le monde.

  • le texte se focalise sur l’orientation sexuelle et refuse d’aborder l’identité de genre (sous pression visible et assumée de Sens Commun) alors que les résolutions ou déclarations sur la dépénalisation à l’ONU traitent systématiquement des deux.

  • au lieu d’appeler à une coalition large des pays du Nord et du Sud, l’initiative proposée par Valérie Pécresse se contente d’évoquer l’action de la France, stratégie depuis longtemps abandonnée pour privilégier un portage principal par les pays du Sud.

Dans ces conditions inacceptables, et confronté-es aux nombreuses lacunes de cet appel hypocritement voté avec les voix du FN d’ailleurs, les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale ont refusé de participer à ce vote tartuffe, n’y voyant qu’une démarche opportuniste de la part de Valérie Pécresse pour redorer son blason terni par ses accointances avec la Manif pour Tous, son opposition au mariage pour tous et à la PMA pour toutes et sa promesse de démarier les couples de même sexe.

Pour Pierre Serne, “avant de condamner les discriminations et violences contre les personnes LGBT dans le monde, il serait utile de réfléchir à la recrudescence des actes LGBT-phobes en France, notamment depuis les démonstrations haineuses de la Manif pour Tous. La Région aurait également pu interpeller le gouvernement sur le durcissement des conditions d’accueil pour les réfugié-e-s en France où des LGBT sont débouté-e-s du droit d’asile et parfois même renvoyé-e-s vers des pays où ils risquent d’être condamnés et physiquement menacés”.