Lutte contre le harcèlement dans les transports : nous demandons le remplacement de la campagne de sensibilisation
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[Communiqué de presse AES]

Nous sommes à la veille du 8 mars, et les chiffres sont criants : 100% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement sexuel dans les transports. Les affaires de harcèlement, de sexisme, d’agressions dévoilées médiatiquement depuis plusieurs mois permettent une prise de conscience de la part des responsables politiques, et c’est tant mieux. Elles permettent également une plus large libération de la parole des femmes et surtout leur prise en compte, première étape vers la possibilité de changement des mentalités à grande échelle. Les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale se réjouissent que la région Île-de-France ait décidé de prendre sa part dans le travail de sensibilisation au sujet du harcèlement, que ce soit envers les élu-es ou par le lancement d’une campagne sur les violences sexistes et sexuelles dans les transports.

La campagne proposée par Valérie Pécresse en tant que présidente du STIF est largement décriée par les internautes, raillée en raison du décalage avec la réalité de ce que vivent les femmes dans les transports, en raison de la déshumanisation des hommes harceleurs ou agresseurs dans les transports. Si les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale saluent l’initiative, la mise en place du numéro d’urgence, ils regrettent que cette campagne perde tout intérêt et rate totalement sa cible en n’osant pas représenter la réalité des choses, d’une part, et même en permettant des interprétations contraires au message qui devrait être véhiculé, d’autre part.

Non, Madame Pécresse, les actes de harcèlement ou d’agression sexuelle dans les transports ne sont pas le fait de requins, de loups ou d’ours mais bien d’êtres humains qui ressemblent à “Monsieur tout le monde”. Le choix des messages véhiculés dans cette campagne nous laisse circonspect-es, puisqu’en déshumanisant les agresseurs, la présidente du STIF semble vouloir exempter les hommes de leur responsabilité.

Pour Julien Bayou, “le message est tronqué, totalement à côté de la plaque. C’est au contraire en confrontant les agresseurs à leurs actes que nous pourrons petit à petit commencer à éradiquer ces phénomènes. La prise de conscience doit être collective et cela ne pourra jamais avoir lieu dès lors que les agresseurs sont représentés par des animaux sauvages, qui plus est en voie de disparition.”

“Par ailleurs, les femmes représentées semblent être celles qui ne sont pas à leur place, introduites dans un milieu qui n’est pas le leur mais celui du pseudo-prédateur. Au contraire, les femmes sont à leur place. Ce sont les harceleurs qui n’ont pas leur place dans nos rames de métro ou de RER,” rappelle Annie Lahmer.

 

Parce que cette campagne déforme le message qu’elle prétend vouloir défendre, les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale demandent à Valérie Pécresse son remplacement.