Manifestation des élèves dans les lycées franciliens : une inquiétude légitime qui s’exprime et qu’il faut entendre
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[Communiqué de presse AES]

Ce 3 décembre 2018, nombre de lycées franciliens ont été bloqués par des élèves qui expriment légitimement leurs inquiétudes sur le monde actuel et celui qui se profile.

Malmenées depuis des années par les trop nombreuses réformes de l’enseignement dont l’objectif premier, conformément au processus de Bologne, est de libéraliser le marché de l’éducation et limiter la dépense publique, les jeunes générations voient leurs conditions d’études se dégrader. Cette dernière année, la sélection introduite de fait par ParcourSup a encore restreint leur possibilité de choix et d’inscription en études supérieures et rendu plus aléatoires encore leurs perspectives d’avenir. En outre, les différences de moyens humains et matériels entre établissements en fonction de leur localisation sur le territoire accentue d’autant le sentiment d’une inégalité croissante.

“Les manifestations du mouvement des gilets jaunes expriment une colère légitime face aux inégalités. Les lycéennes et les lycéens qui leur emboîtent le pas aujourd’hui s’inscrivent dans le prolongement d’une inquiétude qui traverse nos société. Il faut l’entendre et y répondre, proposer des solutions pour remédier aux maux qui les taraudent,” intervient Bénédicte Monville.

Les appels à l’intervention des forces de l’ordre par la présidente de Région peuvent s’entendre lorsqu’il s’agit de protéger les biens et les personnes. Toutefois, il serait regrettable que la seule réponse de Mme Pécresse aux revendications et expressions des jeunes soit exclusivement sécuritaire.

“Nous appelons la présidente de Région et les forces de maintien de l’ordre à la plus grande mesure. Il s’agit de protéger nos jeunes et respecter leur expression citoyenne. Bien évidemment, la casse n’est pas tolérable, mais il faut préserver le dialogue et l’écoute, face à un risque d’embrasement,” conclut Annie Lahmer .