Pour les solidarités, un budget toujours trop faible en 2019
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 Le Conseil régional a adopté un projet de budget pour 2019 toujours inférieur à celui de 2015 en matière d’action sociale et de promotion de la santé des Francilien-nes. Région la plus riche d’Europe, l’Ile-de-France a ainsi perdu plus de 50 millions d’euros d’investissement chaque année pour les solidarités, contribuant ainsi à amplifier depuis trois ans les fractures sociales et les inégalités de santé.

Fanélie Carrey-Conte a exhorté la majorité régionale à faire plus, beaucoup plus, dans un contexte où, depuis plusieurs semaines, les questions de justice sociale et de lutte contre la précarité reviennent au coeur du débat public.

« Malgré l’habillage communicationnel réalisé autour du dispositif « Région Solidaire », malgré la hausse annoncée cette année, la réalité est bien que, par rapport à 2015, les investissements dans le secteur ont été divisés par 3. Ce que vous assumez d’ailleurs pleinement en utilisant  le prétexte, pourtant à géométrie variable, des compétence régionales. »

Concernant les droits des femmes, le budget n’est toujours pas au rendez-vous et l’ensemble des dispositifs restent très largement sous-financés par rapport à la précédente mandature. Ainsi, tout en saluant des initiatives positives comme l’inauguration d’un centre d’hébergement d’urgence temporaire pour femmes sans-abri dans les locaux vacants de l’ancien siège régional, Fanélie Carrey-Conte a rappelé qu’une initiative isolée ne fait pas une politique globale.

« Abandon de la politique de la ville, affaiblissement du soutien au logement social, fin des emplois tremplins associatifs, baisse des solidarités dans les transports et réduction des droits des bénéficiaires de l’AME…Mises bout à bout, les grandes orientations de la mandature montrent que vous faites de la Région Île-de-France ce qu’Emmanuel Macron fait à la France : vous creusez, encore et toujours, les inégalités au profit des plus favorisé-es. »

Des milliers d’étudiant-es boursier-es se voient ainsi privés de leur chèque santé tandis que le soutien aux établissements pour personnes en situation de handicap a perdu les deux tiers de ses financements.

Le groupe AES avait également déposé plusieurs amendements visant à soutenir l’innovation sociale et restaurer les marges d’investissements du Conseil régional au moment où Valérie Pécresse axe plus que jamais sa communication sur la smart région. Hélas, qu’il s’agisse d’améliorer la prévention du VIH/Sida dans les lycées, de soutenir les expérimentations de salle de consommation à moindre risque pour les usagers de drogues, ou encore d’améliorer la prise en charge durable des personnes sans-abri, l’exécutif régional est resté sourd aux demandes des Francilien-nes.