Procès contre Act Up Paris : nous demandons des comptes à Valérie Pécresse
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[Communiqué de presse AES]

Les élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale ont tenté d’obtenir des réponses de la part de Valérie Pécresse sur les conditions dans lesquelles elle prétend avoir porté plainte pour diffamation contre l’association Act Up – Paris et pris la décision d’engager les moyens financiers d’Ile-de-France Mobilités pour payer les frais de son procès.

Cette plainte ferait suite à une campagne lancée par Act Up – Paris qui reproche à Valérie Pécresse sa décision de 2016 de supprimer le demi tarif dans les transports pour les bénéficiaires de l’Aide Médicale d’Etat, décision qui « fait le lit de l’épidémie du VIH et se rend coupable d’interruptions de traitement et de nouvelles contaminations ».

Hélas, une fois de plus au conseil régional, Mme Pécresse a fait le choix de fuir le débat en quittant de manière précipitée la commission permanente qu’elle préside pourtant, nous laissant dans le flou une nouvelle fois. Elle n’avait déjà pas assisté au dernier Conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités et la direction du syndicat chargé des transports avait été incapable de nous apporter les précisions juridiques et factuelles demandées sur ladite plainte pour laquelle elle réclamait un soutien financier.

“Derrière le procès en diffamation contre Act Up Paris, il y a bien entendu une tentative d’intimider, de museler une association lanceuse d’alerte et un acteur historique de la lutte contre le Sida, note Pierre Serne. Mais il y a aussi une volonté de Mme Pécresse de renverser le débat judiciaire, en se faisant passer pour victime alors que c’est elle qui est à l’origine de la décision – jugée par deux fois illégale – de supprimer le demi tarif dans les transports pour les bénéficiaires de l’Aide Médicale d’Etat. Nous ne sommes pas dupes de cette manoeuvre”.

“J’ai demandé qu’une subvention de 10 000 € soit attribuée à Act Up pour faire face à cet aléa, afin qu’ils n’aient pas à puiser dans leurs fonds propres pour des frais d’avocat quand ils ont tant à faire sur le terrain pour faire de la prévention ou aider les personnes porteuses du VIH, a précisé Pierre Serne. Jusqu’où va-t-on engager les moyens colossaux d’Ile-de-France Mobilités contre une association si utile ? Mme Pécresse ne pourra pas toujours se soustraire au fond du débat en jouant Goliath contre David dans les prétoires, à nos frais en plus…”