Une opération verte à République pour compenser le bétonnage d’EuropaCity ?
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Une animation prévue place de la République ce week-end propose aux Parisien-nes du 2 au 5 juin diverses installations : enclos de vaches, parterres de fleurs ou espaces végétalisés. Nommée BiodiversiTerre, cette action coûteuse – un petit salon de l’agriculture et de la biodiversité en plein Paris – se dit vouloir questionner la place de l’agriculture et de la biodiversité dans la ville et sensibiliser à la lutte contre la pollution plastique, le gaspillage et la promotion des modes de vie durables.

Pour Mounir Satouri, Président du groupe Alternative Écologiste et Sociale, le côté éphémère de l’opération questionne ses objectifs affichés, étant lui-même en contradiction avec ce qu’il prétend défendre, et ses coûts élevés sont regrettables, puisque les Parisien-nes ont surtout besoin d’espaces verts de pleine terre et de nature permanente en ville.

Mais surtout, les méthodes sont pour le moins questionnables pour cette opération verte de la ville de Paris. En effet, l’un des partenaires choisis par la Ville de Paris pour organiser cet événement, “Happy Valley”, est aussi le partenaire d’EuropaCity, ce grand projet inutile qui prévoit d’anéantir 80 hectares de terres agricoles très fertiles  au nord de Paris, sur le triangle de Gonesse. “La vitrine de Happy Valley cache la nécessité pour des groupes comme Immochan de trouver des compensations environnementales rendues obligatoires par la loi. Il est hors de question de soutenir, en creux, la possibilité pour Europacity d’acheter par ce partenariat des droits à bétonner les terres agricoles franciliennes. ”

“Il semblerait qu’aucune leçon n’ait été tirée de l’organisation de la COP 21 à Paris. Il n’est pas compréhensible que la Ville de Paris soutienne ainsi indirectement des projets au bilan environnemental désastreux et consommateurs de terres agricoles, regrette Mounir Satouri, président du groupe. La question de la protection de l’environnement doit se voir de manière globale et non depuis le petit bout de la lorgnette parisienne.”