Une « smart » région qui oublie la démocratie
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Une fois de plus, la droite régionale considère qu’une innovation technologique ne doit être qu’au profit exclusif de l’économie.

« Le rapport présenté qui prétend incarner le futur créé un outil qui réduit la part de l’action publique. La démocratie numérique de demain et ses enjeux environnementaux est absente des réflexions de la droite régionale », a souligné Claire Monod dans les débats.

C’est pour corriger ces manques qu’elle a présenté, au nom du groupe, quatre amendements qui ont été rejetés par l’ensemble des élu-es de la majorité régionale.

1- Pour éviter de sombrer dans les excès du numérique

Le volume des échanges de données et leur stockage ne cessent d’augmenter pour représenter aujourd’hui plus de 10% de la consommation mondiale d’électricité. Un data center de 10 000 m2 consomme l’équivalent d’une ville de 50 000 habitant-es avec toutes les conséquences induites en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

La consommation d’énergie n’est pas le seul enjeu. Avec une estimation de 50 milliards d’objets connectés dans le monde, la pression sur les ressources naturelles pour leur production est de plus en plus forte et obligera à une éco-conception qui devra nécessairement intégrer un recyclage optimal.

Enfin, certains dysfonctionnements d’ordre comportementaux chez les enfants, les adolescent-es et les adultes tendent à croître et sont de plus en plus pris soulignés par la communauté scientifique et médicale.

Ces aspects de l’utilisation des outils numériques doivent nécessairement être pris en compte par la région Île-de-France et la “stratégie smart Région” aurait dû inclure dans tous ces aspects des mesures de prévention et de correction pour limiter les effets délétères de la sur-utilisation du numérique.

2- Pour aider les citoyen-nes à remplir un rôle de « sentinelle de l’environnement » 

Proposition d’ajouter une fonction collaborative sur la cartographie afin que les Franciliennes et les Franciliens puissent signaler :

  • les atteintes constatées à l’environnement et la nature
  • les manifestations et initiatives en faveur de la protection de l’environnement
  • les sites remarquables pour l’environnement (zones humides, espèces végétales ou animales protégées et/ou rares, etc.)

En complément, des informations relatives aux démarches à réaliser pour alerter les pouvoirs publics ou engager des actions de sauvegardes seraient mises à disposition des usager-es de la plateforme.

3- Pour donner accès aux données régionales sur l’attribution des subventions

Afin de garantir la plus grande transparence sur le soutien régional aux associations, collectivités, entreprises, etc., nous proposions la mise à disposition sur “l’open data” des subventions allouées par la Région. Toutes les informations nécessaires à une bonne exploitation de ces données brutes seraient mises à disposition tout en ayant une attention particulière pour ne pas divulguer les informations d’ordre privé et confidentiel.

Par ailleurs, les données financières de la Région (plan comptable des budgets et des comptes administratifs) seraient mises à disposition sur la plateforme numérique afin de faciliter leur compréhension et exploitation.

4- Pour encourager la participation citoyenne et l’animation démocratique

Il existe une forte demande citoyenne pour la participation à la décision publique et l’évaluation des mesures mises en place par les élu-es.

C’est pour répondre à ce double objectif que nous avons demandé la mise en place d’une plateforme citoyenne afin de collecter les remarques, suggestions et parfois saisines citoyennes sur des sujets précis.

Dans un premier temps seraient implémentés :

  • un espace dédié pour dynamiser et faciliter la mise en œuvre du “Droit d’interpellation populaire”’ tel que prévu dans le règlement intérieur du Conseil régional
  • un espace permettant une étude de satisfaction de ParcourSup à l’attention des élèves et de leurs parents.
  • un “smart service” pour rendre disponible l’ensemble des informations de traçabilité des menus dans les lycées avec la possibilité donnée aux usager-es d’émettre des avis et des recommandations sur la qualité des repas

Nous avons également proposé la création d’une commission régionale spécifique ou un atelier de travail pour évaluer et proposer de nouvelles fonctionnalités en faveur de la participation citoyenne.