À la Région, la chasse aux plus démuni-es continue
Partager

En Île-de-France, il faudrait trois fois plus de places dans les centres d’hébergement d’urgence pour offrir une nuit au chaud à l’ensemble des sans-abri. C’était sans compter l’abandon complet par V. Pécresse de la politique régionale d’aide à l’investissement en faveur des Centres d’accueil et d’hébergement pour personnes sans-abri. Pas moins de 11,8 millions d’euros, hier destinés à ces politiques, manquent désormais pour accompagner les associations et les collectivités volontaires sur ce chantier qui devrait tous nous mobiliser.

Or, au défaut de solidarité vient s’ajouter ces dernières années la multiplication de dispositifs urbains visant à repousser et éloigner toujours plus les sans-abri, comme l’a dénoncée récemment la Fondation Abbé Pierre : suppression de bancs, abris bus qui ne protègent plus du vent ni de la pluie, douches « anti-SDF »…

Lors de l’examen du budget régional pour 2018, le groupe Alternative Écologiste et Sociale demandait que la Région se positionne en actrice responsable au regard des nombreuses compétences qui sont les siennes, notamment en matière d’aménagement, pour lutter contre cette tendance.

La Région participe en effet activement à la production des espaces publics, comme les gares, et devrait veiller à ce titre à ne pas promouvoir l’utilisation de mobilier urbain hostile aux sans-abri. Elle pourrait également au travers des nombreux partenariats qui la lient avec les autres collectivités, ainsi qu’avec les entreprises publiques ou privées, favoriser un urbanisme qui ne nie pas l’existence de toutes les personnes qui sont à la rue.

La réponse de l’exécutif a malheureusement été sans appel : “ce n’est pas notre problème”.

“Nous avions proposé d’abonder le dispositif intitulé Aménagement durable et innovation urbaine. Nous considérons que c’est le minimum que l’on puisse faire de proposer un environnement qui n’exclut pas les personnes sans-abri. Manifestement, ce n’est pas la vision de V.Pécresse qui, par son inaction, permet que la chasse aux plus démuni-es continue,” dénonce Annie Lahmer.

« Le Conseil régional s’était engagé à notre initiative l’an dernier à soutenir l’expérimentation « Un Chez soi d’abord« . Nous regrettons que le vote des conseillers régionaux n’ait pas été suivi d’effet puisque la Présidente de région n’a engagé aucune action concrète après cela. Notre groupe continuera quant à lui à porter sans relâche la question des politiques d’inclusion pour une Région réellement au service de tou-tes les Francilien-nes ».