Abandon du Terminal 4 par Valérie Pécresse : une victoire de la mobilisation des citoyen·nes et des élu·es écologistes
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La présidente de la région Île-de-France a annoncé dimanche 2 août, dans une tribune publiée par Le Parisien qu’elle ne soutenait plus le projet d’extension de l’aéroport de Roissy à travers la construction d’un “Terminal 4”. Depuis l’annonce de ce projet par Aéroports de Paris, le groupe Alternative Écologiste et Sociale s’oppose par tous les moyens à sa disposition à ce projet climaticide. En lien avec les collectifs mobilisés contre le projet, nous avons à de nombreuses reprises demandé à Mme Valérie Pécresse d’engager l’institution régionale en opposition à ce projet. 

Pour rappel, Aéroports de Paris porte ce projet d’extension de l’aéroport dans l’objectif d’accueillir 40 millions de passagers supplémentaires par an, soit une augmentation de 60% du trafic aérien. Alors que l’Île-de-France est très loin de respecter les accords de Paris, une telle croissance du trafic aérien aurait des conséquences dramatiques en termes d’émission de gaz à effet de serre Le nord de l’Île-de-France, qui cumule déjà de grandes difficultés est très exposé au bruit et aux pollutions, calvaires quotidiens provoqués par l’activité de l’aéroport de Roissy. 

Ce n’est qu’après un ralentissement majeur du trafic aérien dû à la pandémie mondiale et plusieurs jours après les annonces gouvernementales remettant en question le principe même de ce projet d’extension d’aéroport que Valérie Pécresse décide de monter au front, mais comme toujours, après la bataille. C’est le cas aujourd’hui avec le Terminal 4, comme ça le fut aussi avec Europacity ou encore l’extension des carrières Calcia. Ces retournements de veste de la droite francilienne donnent raison aux mobilisations écologistes : c’est bien la pression citoyenne qui contraint  la droite à abandonner son dogmatisme productiviste. Faute d’idéologie adaptée aux enjeux de notre époque, Valérie Pécresse adopte une curieuse stratégie  : au soutien sans faille aux pires projets de bétonisation, succède une prise en compte tardive et forcée de la réalité. 
Malheureusement, il ne faut pas se fourvoyer : Valérie Pécresse reste la Présidente des grands projets inutiles et imposés. En même temps qu’elle enterre le Terminal 4, elle réitère son soutien au CDG express, le train des riches qui empruntera les lignes saturées du RER B et permettra aux usagers fortunés de l’aéroport de jouir d’une liaison directe avec la Gare de l’Est, pendant que les salarié.es et le commun des mortels continueront à subir la dégradation des conditions de transport au nord de Paris. Il est aujourd’hui indispensable de revoir l’ensemble des projets d’aménagements en Île-de-France  au regard des impératifs climatiques et notamment prévoir une diminution du trafic aérien.