Budget 2020 Action sociale: intervention de Fanélie Carrey-Conte
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Il y a quelques jours, les associations de solidarité ont pris la parole pour rappeler que dans Paris, 500 enfants dorment en ce moment à la rue tous les soirs. 146 bébés sont nés dans la rue cette année, contre 100 en 2018 et et 49 en 2017. Alors que dans ce contexte, le budget de l’état 2020 prévoit une baisse de 1200 places en hôtels d’urgence pour les familles en demande d’asile, les associations demandent un grand plan de mobilisation d’urgence de tous les acteurs, État comme collectivités.

Voilà la situation dans lequel s’inscrit le vote de ce budget, et malheureusement, pour la 4e année consécutive, nous allons vous renvoyer une question récurrente : que fait la région la plus riche de France face à cette situation ? Quelle mobilisation d’ampleur la Région met-elle en œuvre ?

Si peu, malheureusement toujours si peu.

Il y a bien évidement des mesures intéressantes dans ce budget et nous ne doutons pas de la pleine mobilisation des services pour faire aboutir les projets. Mais, au-delà de la hausse de 3 millions d’euros en investissement, due à la mise en œuvre de la mesure de garantie locative pour les personnes atteintes de maladies chroniques (une mesure qui répond à un vrai besoin  mais sur laquelle nous aurions aimé avoir davantage de temps pour comprendre son mécanismes et mesurer sa pleine pertinence), pour le reste, les engagements de la Région demeurent loin d’être à la hauteur de ce que l’on pourrait attendre de notre collectivité, et surtout pointent une véritable contradiction entre les annonces et la réalité.

La Région Île-de-France à la pointe des combats pour légalité femmes – hommes ? On voit en réalité dans ce budget une augmentation anecdotique du soutien aux centres IVG (de l’ordre de 100 000€) et une stagnation des crédits  en fonctionnement.

Les dispositifs de soutien aux personnes âgées ? On voit dans ce budget une suppression des autorisations de programme sans explication valable dans l’annexe budgétaire.

Une Ile de France Solidaire ? 140 places seront créées à travers les maisons solidaires pour les sans-abris du métro : dérisoire par rapport à ce que pourraient être nos capacités d’action et les besoins évoquées plus haut. Dans le même temps   la ligne budgétaire de soutien aux centres d’accueil est vidée ; et surtout, votre  solidarité semble s’arrêter aux portes du métro. Nous ne comprenons pas ce choix de traiter séparément les publics sans abri : l’inconditionnalité de l’accueil est pour nous la seule politique valable en matière de solidarité.

Bref, une nouvelle fois, vous n’êtes pas au rendez-vousde ce que l’on pourrait attendre de notre collectivité, quand  l’urgence sociale touche tant de nos concitoyens.