Budget 2020 Culture : Intervention de Rama Sall
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Ce budget nous vente une “hausse continue et régulière du budget” qui ne correspond pas à la réalité.

 

Si la hausse de budget en investissement est réelle, elle inclut l’installation à Massy du Centre Pompidou Francilien – Fabriques de l’Art, pour 20M d’euros. Projet dont nous contestons d’ailleurs le montage financier comme nous l’avons déjà exprimé lors de la dernière séance. Hors de ce dossier, la hausse se limite à 3,34M€ en 2020.

 

Les 42% cumulés depuis 2015, que vous revendiquez fièrement, sont faux : vous omettez de préciser que cette augmentation, spectaculaire sur le papier, inclue non seulement la rénovation exceptionnelle de Notre Dame mais aussi l’évolution du périmètre de l’annexe Culture. La hausse est donc plus sommaire, en dessous de 10%, et est principalement axée sur le soutien au patrimoine régional. Il n’y a donc pas d’effort particulier, contrairement à ce que vous scandez, pour la promotion de la création culturelle.

 

En revanche, vous négligez complétement le budget de fonctionnement : il marque encore une nouvelle baisse, après une année de stagnation qui faisait elle-même suite à plusieurs baisses successives. Et voilà les grands perdants :

  •   Le soutien aux manifestations d’art plastique, qui perd 340.000€.
  •   L’aide à la lecture publique qui perd encore 100.000€ en 2020 après avoir déjà perdu 387 000€ en cumulé les années précédentes.
  •   L’action « Ile des chances » se voit amputée de la moitié de son budget.

De plus, si en apparence les franciliens et les franciliennes sont parmi les plus gâtées en termes de politiques culturelles, ces chiffres cachent en réalité de grosses disparités, pointées par un rapport du Ceser. C’est le cas pour 21 EPCI franciliens, qui ne disposent pas d’équipements culturels complets. Dans le détail :

  •   9 EPCI franciliens ne disposent pas d’équipements audiovisuels, 2 ne disposent d’aucune salle de spectacle.
  •   2 EPCI franciliens ne disposent d’aucun musée.

Ces « zones blanches culturelles », situées dans les territoires peu denses ou ruraux, marquent des manquements dans la politique culturelle régionale.

Le rayonnement culturel de la Région Ile de France, ainsi que l’accessibilité de la culture à tous et toutes, indépendamment de sa condition sociale et de son lieu de vie ne peut pas se faire avec des bouts de ficelle. Nous enjoignons l’exécutif à revoir à la hausse son budget de fonctionnement, et à ne pas limiter les soutiens de la Région à des coups d’éclat, tel que les grosses opérations citées précédemment. Le soutien doit être constant pour que les projets soient menés à bien. Ils ne doivent pas être menacés par les baisses successives en fonctionnement destinées à afficher la « bonne santé économique » de la Région.