Budget 2020 Environnement : Intervention d’Annie Lahmer
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Vous nous présentez ce budget environnement comme un budget de mobilisation exceptionnelle qui met la priorité sur la décarbonation de l’énergie et la création d’espaces verts. En réalité ce budget rattrape seulement le budget 2015.

 

Nous constatons avec plaisir la réapparition de la fameuse COP régionale dont nous n’entendons plus parler depuis plusieurs mois. Un peu dommage d’attendre la fin de la mandature pour la lancer, mais mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas?

 

Malgré les grands renforts de communication et la prise en compte budgétaire de certains enjeux, il vous reste à faire quelques efforts pour sortir d’une approche sectorielle et attrape-tout. Peut-être que le pire de votre politique environnementale est l’insincérité (nous ne nous permettrions sûrement pas de miser sur de l’ignorance de votre part) avec laquelle vous qualifiez de “en faveur de l’environnement” des politiques qui continuent à dégrader nos milieux et perpétuent des formes d’aménagement néfastes.

 

Par ailleurs, et ne vous vous en cachez pas, votre approche politique de la biodiversité consiste à “verdir” l’Île-de-France notamment en rendant public des espaces naturels existant, mais dont l’accès était jusque là restreint. Vous constaterez que pour nos amis non humains ne verront malheureusement pas leurs milieux de vie s’accroître par l’ouverture au public du bois Saint-Martin, même si nous aussi sommes pour la socialisation des espaces de nature.

 

Concernant les engagements, on peine à rattraper ceux de 2015, d’autant plus qu’il faudrait retrancher les 20 millions qui ont été déplacés des transports à l’environnement (dont les 13M€ consacrés au canal Seine-Nord qui est un désastre environnemental), ainsi que les 3M€ concernant les cantines des lycées, auparavant comprises dans le budget éducation.

 

Bref, si nous nous réjouissons de constater que même la smart droite ne peut faire l’économie d’une communication environnementale, nous devons malheureusement vous remettre les pieds sur terre. Quitte à être l’empêcheuse de tourner en rond, et vous dire, ainsi qu’aux franciliennes et franciliens, que vous n’avez toujours pas saisi l’urgence du temps. Vous ne semblez toujours pas avoir intégré ce qu’implique les données scientifiques dont nous disposons concernant l’accès aux ressources, la dégradation des milieux et l’accélération des dérèglements climatiques.

 

Vous découvrez aujourd’hui le potentiel de croissance et de profit que représentent les énergies renouvelables. Pourquoi pas. Mais il est déjà tard. On constate aujourd’hui que ces technologies, qui constituaient le grand espoir du développement durable des années 2000, ont aujourd’hui une limite écologique avérée: tant que les énergies s’additionnent plutôt que de se substituer l’une à l’autre, on ajoute à la prédation du monde.

 

C’est la sobriété énergétique qu’il faut défendre. C’est pourquoi nous vous demandons, en toute bonne foi, animés par la gravité de notre époque et le sens des responsabilités qui nous obligent toutes et tous dans cet hémicycle de lancer dès aujourd’hui un vrai grand plan de rénovation thermique des bâtiments ainsi qu’une réelle politique de lutte contre les gaspillages et la surconsommation.

 

Pour l’intérêt général,  pour la trace que vous laisserez dans l’histoire de notre région, nous vous enjoignons de considérer nos différents amendements qui proposent quelques manières de corriger le tir.