Budget 2020 Lycées : Intervention de Claire Monod
Partager

Claire Monod

Malgré le discours de la majorité régionale, qui consiste à répéter année après année que des moyens toujours plus importants sont engagés pour les lycées et l’éducation des jeunes franciliennes et franciliens qui fréquentent un établissement public, dans les faits vos budgets se suivent et se ressemblent tristement.

 

En investissement vous avez certes augmenté fortement certains budgets …mais pour les établissements du privé, et la réalité est que dans de trop nombreux lycées les conditions d’études restent encore aujourd’hui déplorables : Fuites d’eau, bâtiments vétustes et délabrés, problèmes de chauffage accueil des personnes à mobilités réduites pas aux normes. A cela s’ajoute un manque de personnel d’entretien, personnel sous pression qui nous dit combien ses conditions de travail se sont dégradées. Le plan pour la rénovation des toilettes voté dans l’urgence à la dernière séance  après que la Présidente a découvert lors de visites d’établissements la réalité des politiques de sous-investissement de la région, ce  plan voté à grand  renfort de communication ne peut faire oublier finalement votre manque de volonté de prendre ce sujet de la rénovation des établissements à bras le corps. Alors que les lycéens  partout se mobilisent sur les questions environnementales, sur la problématique du réchauffement climatique nous ne pouvons que constater et nous le déplorons, l’absence d’une politique ambitieuse de rénovation énergétique, l’absence d’une vision globale concernant la nécessaire évolution des bâtiments et espaces pour répondre à l’urgence climatique. (c’est la raison pour laquelle nous avons déposés des amendements en ce sens)

 

En fonctionnement, la aussi les chiffres sont têtus : la DGFL nous le constatons encore une fois pour le budget 2020 est bien en baisse. Depuis des années la réalité de l’inflation mais aussi et surtout la poussée démographique ne sont pas pris en compte et donc la somme consacrée par la région à chaque  lycéen est moins important année après année. Les politiques d’accompagnement pour lutter contre le décrochage scolaire, contre les discriminations (le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, le sexisme, l’homophobie), les budgets pour l’animation citoyenne, les budgets participatifs dans les lycées ont fondu comme neige au soleil quand ils n’ont pas tout simplement disparus. Alors oui vous communiquez sur les brigades d’interventions qui devraient permettre selon vous la sécurisation des établissements ce sur quoi nous restons très dubitatifs vu leur nombre, leur profil et leur missions,  mais vos choix budgétaires montrent que vous oubliez que le lycée c’est avant tout un lieu de vie et d’apprentissage Tous les dispositifs d’accompagnement que vous avez rogné et supprimé participent de la réussite éducative des lycéens, permettent de lutter aussi contre les violences sociales dont est victime une partie de la jeunesse francilienne.

 

Que ce soit en investissement ou en fonctionnement avec par exemple, votre choix de recourir aux PPP, la place toujours plus grande laissée au financement des lycées privés au détriment des lycées publique, la disparition d’une vraie politique de lutte contre décrochage scolaire, ou encore, autre exemple, votre vision d’établissement comme lieu à sécuriser plutôt que lieu de vie, bref tous vos choix budgétaires, montrent une conception  de l’éducation en réalité très datée et marquée idéologiquement et  nous ne pouvons évidemment la partager.