Budget 2020 Transports : Intervention de Pierre Serne
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Les fonds encore abondés pour la route démontrent la totale incompréhension de l’exécutif sur l’enjeu des transports du XXIème siècle et montre encore le désaccord de fond que nous avons. Créer de nouvelles routes ne permet pas de désengorger les axes existants et donc améliorer la circulation et la qualité de l’air. Créer de nouvelles routes ne fait que créer de nouveaux flux, alors que l’enjeu est de pouvoir proposer des alternatives, en transports en commun ou en mode doux notamment. Et bien qu’en est-il ?

Pour le vélo, on note les efforts à augmenter le plan vélo, mais toujours insuffisants pour arriver au RER Vélo en Ile de France, demandé par les associations de cyclistes. Et surtout, les fonds lui étant alloués restent toujours en dessous de la route. Symboliquement, le message est fort !

Quant aux transports collectifs, bien que les lignes soient abondées, nous n’avons pas de nouvelles de grands projets structurants et attendus tel que l’extension du T7 à Juvisy, que nous demandons par voie d’amendement.

L’exécutif démontre un manque d’ambition assez flagrant quant aux nouvelles mobilités, dont le budget est en stagnation. Pourtant, le covoiturage ou le transport à la demande pourraient constituer une alternative sérieuse à l’autosolisme notamment en grande couronne. C’est le sens de l’amendement que nous proposons.

Aucun effort n’est réalisé en termes de tarification. Si on peut se satisfaire du gel du  prix du Navigo en 2020 par IDFM, on peut par contre déplorer qu’il soit toujours plus élevé qu’en 2015, en total décalage avec les promesses de l’exécutif. Pourtant, une tarification avantageuse, et les chiffres nous ont donné raison, c’est toujours plus de report modal.

Mais surtout, le grand perdant de ce budget est le FRET ferré. La ligne qui lui était consacrée se retrouve dépourvue en autorisation de programme et fondue dans une ligne plus générale, sans garanties sur les politiques qui seront menées. Nous demandons 20 millions, soit un réel investissement pour le FRET ferré. Car moins de marchandises sur les rails, c’est toujours plus de camions sur nos routes, avec la pollution que ça produit, l’usure du bitume et l’impossibilité de faire évoluer le transport de marchandise.

Enfin, on peut également déplorer l’absence de politique ambitieuse sur la mobilité des personnes en situation de handicap, mais nous développerons cet aspect dans nos amendements.

En conclusion, ce budget donne une fois de plus la part belle à la route et aux modes de transport polluants, excluant tout changement de paradigme et de société.