Budget 2021 Administration générale : intervention d’Anne-Claire Jarry Bouabid
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Certes nous sommes en séance budgétaire pour discuter de chiffres. 

Vous disiez il y a 5 ans vouloir ramener les dépenses de fonctionnement sous les 40 % du budget. On a ainsi entendu parler ce matin d’épargne brute, d’autofinancement de l’investissement, de capacités de désendettement… autant d’agrégats dont le montant est lié aux résultats obtenus sur la section de fonctionnement. 

Mais si nous pouvons comprendre qu’il est sain d’utiliser correctement les crédits de fonctionnent quotidiens de notre institution (c’est le principe même du concept de redevabilité) nous pensons que nous ne devons pas traiter de la même manière d’autres coûts de fonctionnement logés derrière la notion de « masse salariale » et qui méritent un peu plus que des chiffres, désincarnés.

Car oui, « derrière » ce terme de masse salariale, derrière vos chiffres, ce sont des femmes et des hommes qui œuvrent au développement de nos politiques publiques. Et sur lesquels depuis 5 ans vous faites peser les effets, bien réels et bien concrets, de votre course effrénée aux bonnes notes des agences de notation.

Vous parliez il y a 5 ans d’une « gestion motivante » des effectifs. Drôle de conception que la motivation, que celle qui vous fait oublier l’humain dans vos politiques publiques, qui vous exonère d’une véritable gestion prévisionnelle des emplois et des carrières, qui vous fait recourir à toujours plus de contractuels, maintenant à des intérimaires, emplois précaires s’il en est, freinant la progression de carrière et la promotion interne des agents titulaires, si essentiels à la qualité du service public.  Les lycées sont l’exemple le plus flagrant des impacts de votre politique, sur laquelle la crise de la COVID a jeté une lumière crue.

Nous pensons pour notre part que nous devons investir véritablement dans les ressources humaines – c’est d’ailleurs le sens de notre amendement qui budgétise 900 postes pour 35 millions d’euros pour les lycées d’Ile-de-France pour nos lycées. 

Plus avant, nous souhaitons que vous investissiez vraiment dans les progressions de carrière, dans les formations des agents, pour le service public et l’intérêt général. 

Enfin, nous rappelons qu’à l’heure où le télétravail devient la norme, la région doit porter une attention toute particulière aux risques psycho-sociaux pesant sur ses agents.