Budget 2021 Environnement : intervention d’Annie Lahmer
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Madame la Présidente,
Monsieur le Vice-président,

Il y a cinq ans, en décembre 2015 la COP21 prenait fin avec la signature de l’accord de Paris. L’objectif clair était de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète « nettement en dessous de 2 °C » et de poursuivre l’action menée pour en limiter l’élévation à 1,5 °C .

5 ans après, où en sommes-nous ?

  • Novembre 2020 a été le mois de novembre le plus chaud jamais enregistré
  • L’Europe a connu son automne le plus doux, avec une moyenne de 1,9°C au-dessus de la période de référence
  • Les années 2015 à 2020 sont les six les plus chaudes jamais enregistrées

Aucun objectif n’est respecté par la France, au point que le Conseil d’Etat devrait sévir et condamner son inaction climatique. Condamnation qui pourrait se retourner vers les régions. 

Pour rappel, la région est cheffe de file en matière de qualité de l’air, de climat, d’énergie et de protection de la biodiversité. L’exécutif dit nous présenter “un budget de mobilisation exceptionnelle qui met la priorité sur la décarbonation de l’énergie et la création d’espaces verts” mais dont le secteur environnement ne représente que 2% du budget total ! En outre, ce budget ne met encore aucune conditionnalité aux subventions versées.

Votre vision de l’environnement est complètement déconnectée du vivant, et des conditions de vie des femmes et des hommes qui habitent notre planète. Ce sont nos concitoyens les plus pauvres qui sont les premiers exposés aux effets de la pollution, et exclus des bienfaits de la biodiversité. C’est une double peine que vous leur promettez.

Pour preuve, un tiers des Franciliens n’a pas accès en proximité aux espaces verts et boisés ouverts au public et, pour les autres, l’offre accessible est parfois insuffisante !  Ce sont 565 communes sont carencées en espaces verts. 

Il serait de bons sens, dans un premier temps, dans le cadre de votre plan friche d’appliquer le Zéro Artificialisation. Beaucoup de ces friches n’ont pas besoin d’être redessinées par l’homme, elles sont de vrais refuges pour la biodiversité et de fait pour le bien être des humaines et humain.

Comment souhaitez vous changer de paradigme, sans remettre en question notre modèle capitaliste qui montre chaque jour ses limites ? C’est ce même modèle, que vous peinez à changer, car il enrichit vos amis, et contribue à l’accélération du réchauffement climatique, ainsi qu’à l’appauvrissement de la biodiversité.

Car depuis 5 ans, peu a été fait. Alors si, un plan route, soit disant vertueux pour l’environnement, alors même que les chiffres du trafic n’ont de cesse d’augmenter, tout comme la qualité de l’air qui se dégrade dans notre région. Aujourd’hui c’est cette pollution qui cause 7000 à 10 000 morts prématurées en Ile-de-France.

Vous n’avez à date toujours pas réalisé de véritable bilan environnemental de votre action régionale. Comment dès lors identifier précisément les sources de pollution et d’émissions de GES dans notre région et cibler la politique environnementale la plus efficace ? 

A 6 mois de la fin de votre mandat, votre seule action a été l’organisation d’une COP régionale. Or, c’est 192 réalisations que les Francilien.nes attendaient, et non 192 propositions.

Des propositions qui n’effaceront pas votre soutien aux différents GPII pendant votre mandat, notamment le Terminal 4 à Roissy, qui proposait d’augmenter le trafic aérien de 40 %, ou encore EuropaCity ou l’extension de la carrière Calcia. Heureusement, grâce à la mobilisation citoyenne, et celle notamment des écologistes, ces projets sont abandonnés ou en voie de l’être.

C’est aussi, une nouvelle édition du budget participatif, qui est un outil intéressant mais ne peut pas être l’alpha et l’oméga de la politique environnemental régionale. D’autant plus lorsqu’il est dévoyé, que la participation citoyenne devient anecdotique et qu’il renforce le déséquilibre entre les territoires.

Votre mandat, c’est 5 années de perdues pour l’environnement, pour la qualité de vie des franciliens et pour préparer notre région au défi du dérèglement climatique. 

Nous notons en tout cas, un changement réel dans votre discours, tout comme celui de notre président. mais ne serait ce pas juste de la communication ? Vous avez moqué pendant des années certaines de nos propositions, en conséquence, les actes ne sont toujours pas au rendez-vous. Et c’est logique d’une certaine manière, car vous avancez des propositions isolées, feignants de ne pas voir que c’est l’ensemble du système actuel qui est dans l’impasse, que nous ne pouvons pas continuer à dépenser un euro sur deux de manière négative pour l’environnement.

Toutefois, nous nous appuierons donc sur cette évolution de discours pour vous proposer des amendements qui visent à rapprocher vos actes de vos paroles.