Budget 2021 Logement : intervention de Claire Monod
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Madame la Présidente,
Mes cher(e)s collègues,

Le secteur du logement est sans doute le parent le plus pauvre de votre mandat. Ce bilan est une honte ! Cet effondrement est un drame. Monsieur Barbotin rappelait tout à l’heure “Gouverner c’est prévoir”. Mais qu’avez-vous fait ? Qu’avez-vous prévu face aux crises ?

Le secteur stratégique, est la première préoccupation des habitant-es, symbole des inégalités qui s’aggravent en Ile-de-France, ce que vous avez fait de la politique du logement pendant 5 ans est la triste illustration de ce que vous osez qualifier de “Bonne Gestion”. Car oui, cette situation est le résultat de vos choix, vous avez parfaitement réussi en désinvestissant massivement depuis 5 ans : zéro bénéfice pour les Francilien-nes ! Les chiffres sont effrayants.

A l’heure du bilan de votre mandat, vos décisions et vos saignées budgétaires sur le logement social et très social, sur le logement indigne, sur la rénovation thermique, sur la politique de la ville, sur le logement des jeunes et des étudiants, sans parler des centres d’hébergement pour sans abri, sur les bidonvilles, sur les plus pauvres toujours impactent l’ensemble de la chaîne : les collectivités vertueuses qui produisent du logement social, les bailleurs sociaux, les investisseurs, les associations, les services publics sanitaires et sociaux…

Bref, au lieu d’initier une dynamique, vous avez activement contribué à diviser par deux la production de logements sociaux, à empêcher les Francilien-nes de s’y loger dignement. Votre objectif est atteint, le logement social est en berne.

Le logement est pourtant central, c’est un droit, le mal logement fragilise et déstructure tous les pans de la vie. Mais en toute cohérence avec votre idéologie, ce budget aura été invariablement bas. Pour 2021, il semble que vous ayez été prise d’un léger remord ou d’un élan de charité ?

Et vous osez “présenter l’année 2021 comme celle du ressort » pour la construction, nécessaire après “plusieurs années de dégradation continue de la production” dont vous êtes coupables. Alors que tous les indicateurs sont au rouge et l’effondrement historique.

Votre responsabilité est immense dans le choc de la production qui va aggraver la pénurie dans les années qui viennent. La crise sanitaire n’y suffira pas pour masquer vos choix idéologiques. Cette soit disante mixité, pour laquelle vous supprimez le logement social, vous conduit au malthusianisme le plus dangereux.

Il en est de même pour la rénovation énergétique. Victime si terriblement signifiante de votre politique. L’enjeu, à la fois social et climatique, est identifié depuis déjà 20 ans. La précarité énergétique touche une part grandissante des ménages : 11,7 d’entre eux soit 3,4 millions de personnes étaient concernés en 2018.

Pourtant, vous avez sciemment, dès 2016 purement et simplement, supprimé le budget pour la rénovation thermique. Bilan ? Zéro – rien – nada. Vous avez regardé monter inexorablement les chiffres et le thermomètre.

Alors soudain, après 4 ans d’abandon, alors que l’ancienne majorité lui consacrait 25 millions d’euros, ce sont 10 millions qui sont apparus avec un objectif annuel de 5 000 rénovations dans le parc social quand il compte 50 000 passoires thermiques.

Vous pensez que les habitants et le climat ont 10 ans devant eux à ce rythme ?

La lutte contre la précarité énergétique doit être une vraie priorité et appelle une amplification des efforts. Dans ce secteur, comme dans tous les autres, ni la théorie du ruissellement, ni la politique des petits pas ne fonctionnent. Pendant que vous continuez à thésauriser des milliers de Francilien-nes basculent dans la précarité, les jeunes en particulier et nous y reviendrons dans nos amendements.