CA du STIF : Valérie Pécresse se lance dans une guerre contre les plus démuni-es
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[Communiqué de presse AES]

Le Conseil d’administration du Syndicat des Transports d’Ile-de-France qui s’est déroulé ce jour a été marqué par de vifs échanges suite au refus persistant de la présidente du STIF, Valérie Pécresse, d’appliquer la loi et d’ouvrir l’accès au demi-tarif dans les transports pour les bénéficiaires de l’Aide Médicale d’Etat.

“Le STIF est entré dans une dangereuse phase d’illégalité et de déni non seulement de la loi mais aussi de la solidarité la plus élémentaire. C’est du jamais vu dans cette institution, déplore Pierre Serne, conseiller régional et administrateur du STIF, à l’origine d’un recours contre la décision du STIF de ne pas appliquer la Solidarité Transport aux bénéficiaires de l’AME. Mme Pécresse décide ainsi, sciemment, de se mettre hors-la-loi et de ne pas se soumettre à la décision du Tribunal administratif. On ne peut tout de même pas demander aux usagers de ne pas frauder d’un côté et ne pas soi-même respecter la loi.”  

Le STIF a refusé de multiples amendements qui visaient à rendre les transports en commun plus inclusifs et solidaires en luttant contre certaines discriminations :

  • Refus d’appliquer la loi pour les bénéficiaires de l’AME ;
  • Refus d’indemniser les bénéficiaires des Solidarité Transports au même titre que les autres usager-es des RER A et B en cas de dysfonctionnements répétés sur le réseau, discriminant de fait les usager-es les plus fragiles en cas de perturbations;
  • Refus de lancer une campagne d’information sur les abonnements Solidarité Transports pour améliorer l’accès aux droits et aux transports des Francilien-nes modestes ;
  • Refus de rendre gratuite l’acquisition de la future Carte Anonyme qui remplacera à partir de 2019 les tickets magnétiques T+.

Il s’agit de mesures de solidarité d’autant plus importantes que beaucoup de Francilien-nes éprouvent des difficultés à accéder à l’emploi, à la formation, à l’éducation ou encore à la santé à cause du renchérissement du coût des transports depuis le début de la mandature.

“Tout cela trahit une logique malthusienne, estime Mounir Satouri. À défaut d’améliorer la qualité de service et d’apporter les renforts d’offre qu’elle avait promis, Mme Pécresse cherche à décourager certaines catégories d’usager-es de prendre les transports en commun en augmentant sans cesse les tarifs et en coupant dans les aides à la mobilité.”

Les élu-es du groupe Alternative Ecologiste et Sociale veilleront à ce que la décision du Tribunal administratif soit appliquée, en passant par une nouvelle plainte si nécessaire.

3 réflexions au sujet de “CA du STIF : Valérie Pécresse se lance dans une guerre contre les plus démuni-es

  1. Tout d’abord, un avis général: c’est très pénible l’écriture inclusive. Plus je lis d’articles écrit comme ça, plus je trouve ça pénible, inutile et sans intérêt vis à vis de l’égalité homme-femme. Mais là n’est pas le sujet.

    Si le STIF ne respecte pas la loi, il doit être condamné. Néanmoins, n’y a-t-il pas un problème de ressources? Au vu du nombre de fraudeurs important?
    Y a-t-il un plan d’investissement pour améliorer les transports: ponctualité, confort, fréquence.? Malheureusement, je ne crois pas que ça soit le cas.
    En fait, c’est probablement le STIF même qu’il faudrait remettre en question peut être: est-ce que des élus sont à même de diriger un syndicat de transport?

    M Satouri estime que le coût des transport est excessif, mais avec un abonnement de 75€ par mois, on peut circuler partout en ile-de-france et de manière illimitée. Pour avoir vécu en zone 5 avant, je trouve que l’évolution est salutaire. Le gain est énorme! De plus, certaines (la plupart) les entreprises paie une partie de l’abonnement.

    1. Merci pour votre commentaire qui nous permet d’apporter quelques précisions.

      Tout d’abord, un avis général: c’est très pénible l’écriture inclusive. Plus je lis d’articles écrit comme ça, plus je trouve ça pénible, inutile et sans intérêt vis à vis de l’égalité homme-femme. Mais là n’est pas le sujet.

      C’est votre droit le plus strict de ne pas être favorable à l’écriture inclusive. Nous considérons que c’est une étape nécessaire pour continuer à faire prendre conscience qu’il est important de ne pas faire disparaitre les femmes, la moitié de l’humanité, dans des règles de langues.
      Ce n’est évidemment pas pour garantir l’égalité des droits entre les femmes et les hommes qui sont constitutionnels dans notre République et, malheureusement, non respectés dans les faits (discriminations, salaires non équitables à qualifications égales, etc.). Il y a d’autres moyens que l’écriture inclusive pour cela.


      Si le STIF ne respecte pas la loi, il doit être condamné. Néanmoins, n’y a-t-il pas un problème de ressources? Au vu du nombre de fraudeurs important?

      Le STIF ne manque actuellement pas de ressources pour mener ses missions et appliquer la loi. À titre d’exemple, près de 120 millions d’euros d’investissements n’ont pas été dépensés en 2016 par le STIF et ses ressources ont continué à augmenter depuis, du fait de recettes fiscales dynamiques, de l’apport de nouvelles ressources votées par le Parlement… et des augmentations tarifaires décidées par Valérie Pécresse.

      La fraude est quant à elle en constante diminution et se traduit d’ailleurs comme « un manque à gagner » et non comme une « ressource retirée » aux opérateurs. C’est notamment ce qu’indique le rapport 2016 de la RATP : -15% de fraude dans le métro, -27% dans le RER, -13% dans les bus et tramways. L’essentiel des fraudes constatées est dans les bus et les tramways. Sur le réseau Transilien, la SNCF indique que le taux de validation des titres de transports est en hausse de 9%. C’est une conséquence directe de la mise en place du Pass Navigo à Tarif unique.

      Y a-t-il un plan d’investissement pour améliorer les transports: ponctualité, confort, fréquence.? Malheureusement, je ne crois pas que ça soit le cas.
      En fait, c’est probablement le STIF même qu’il faudrait remettre en question peut être: est-ce que des élus sont à même de diriger un syndicat de transport?

      Depuis que la présidence du STIF a été confiée à la Région Île-de-France par l’État (en 2005), les investissements dans le réseau de transport ont été multipliés par 3. Les prolongements de lignes de métro en petite couronne, la création de nombreuses lignes de tram, le renouvellement des rames de train ou de la flotte de bus à Paris comme en grande couronne en sont la conséquence..

      Mais un grand nombre de problèmes tardent à trouver une solution, car le réseau tend naturellement à vieillir et la population de l’Ile-de-France à croître. Le réseau de transports en Île-de-France est tellement dense et l’offre tellement large que le moindre dysfonctionnement a un impact non négligeable et peut créer des désagréments quotidiens que nous subissons toutes et tous. Nous ne partageons pas certaines priorités d’investissement de la droite régionale. Nous considérons notamment que les travaux prioritaires doivent répondre aux besoins du quotidien des habitant-es plutôt qu’aux besoins de l’organisation des Jeux Olympiques en 2024 par exemple.

      M Satouri estime que le coût des transport est excessif, mais avec un abonnement de 75€ par mois, on peut circuler partout en ile-de-france et de manière illimitée. Pour avoir vécu en zone 5 avant, je trouve que l’évolution est salutaire. Le gain est énorme! De plus, certaines (la plupart) les entreprises paie une partie de l’abonnement.

      La création du Pass Navigo à tarif unique a constitué un gain de pouvoir d’achat conséquent, en particulier pour les habitant-es de grande couronne, et offert de nouvelles opportunités de déplacement illimitées. C’est une fierté pour nous d’avoir largement contribué à sa création pour lutter contre le changement climatique et garantir le droit à la mobilité de toutes et tous.

      Son coût demeure toutefois élevé pour les personnes qui ne sont pas en emploi et qui ne bénéficient pas d’une prise en charge à 50% de leur titre de transport par leur employeur, ou par celles dont les revenus sont les plus faibles. C’est pour cela que l’Etat et la Région Ile-de-France ont initialement développé des aides tarifaires pour les plus démuni-es, les jeunes scolarisé-es et les étudiant-es, etc. pour leur permettre de bénéficier des transports publics à des tarifs plus abordables.

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