Commission permanente du 15 octobre – Intervention de Ghislaine Senée sur la situation des lycées
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Je voulais vraiment insister et vous dire à quel point nous sommes frappés par cette situation des lycées. En fait, vous êtes vraiment dans une situation de déni total. À un moment donné, vous ne pouvez pas dire que c’est parce que vous avez donné deux masques à chaque lycéen, du gel hydro alcoolique et distribué des tablettes que vous avez assuré et géré la situation. 

Aujourd’hui nous avons réellement, dans tous les lycées, des étudiants et des enseignants qui ne sont absolument pas dans des conditions respectant le protocole sanitaire. La question qu’on se pose c’est comment est-ce qu’on a pu en arriver là, après 8 mois de crise, à ce qu’il n’y a eu aucune anticipation. Ce qui nous choque le plus aujourd’hui c’est que vous voyez dans tous les lycées qu’il y a une tension très forte qui est en train de monter avec des enseignants qui se mettent en grève. Vous avez été sollicitée par des courriers et vous continuez à dire que vous avez tout fait, alors que vous êtes dans le déni. La réalité, c’est qu’aujourd’hui les lycées sont de véritables clusters et je ne parle même pas des transports scolaires. Il y a aujourd’hui, défaut de la région sur cette question là.

Cela fait six ans que vous nous dites que c’est la majorité précédente qui a laissé les lycées dans un état déplorable. Il est certain qu’aujourd’hui nous vivons une crise tout à fait exceptionnelle. Nous ne disons pas que vous n’avez strictement rien fait, car vous avez trouvé des solutions pendant la période où cela s’est déclarée. Solutions que nous avons actées et sur lesquelles nous avons continué à soutenir au moment où tout le monde se demandait ce qu’il se passait. 

Notre grande difficulté aujourd’hui, c’est que nous sommes à 8 mois de cette crise et nous vous disons très clairement aujourd’hui : nous pensons que vous n’êtes pas à la hauteur parce que nous pensons que c’est à la Région de pouvoir anticiper, de coordonner et d’investir pour l’avenir.

L’intergroupe vous a proposé de faire un plan d’urgence, de mettre en place une cellule de crise. Je ne pense pas que cela soit quelque chose de complètement délirant. C’est-à-dire que c’est une vraie demande, qu’il y a aujourd’hui des enseignants, des parents d’élèves (dont certains que vous avez refusé de recevoir), les équipes enseignantes et les agents qui ont besoin que la Région considère qu’il y a crise et qu’il est urgent de pouvoir communiquer, dialoguer et avancer tous ensembles.

Dans les cantines, et je vous rappelle que dans le lycée François Villon (78), les équipes ont dû en début d’année attendre trois semaines pour le remplacement du lave-vaisselle en pleine crise sanitaire. C’est vous dire à quel point vous n’êtes pas au courant de la situation de certains lycées. Comment on a pu faire en sorte qu’un lycée, aujourd’hui, alors que la question de la restauration est primordiale, comment on a pu attendre plus de trois semaines pour qu’il y ait un nouveau lave-vaisselle et que les agents puissent a minima travailler. On distribuait des couverts en plastique, les élèves étaient agglutinés les uns sur les autres. Pour la continuité de la restauration ou le respect du protocole vous faisiez appel aux maires. Quand j’étais maire, et qu’il a fallu mettre en oeuvre le protocole sanitaire, j’ai réaménagé tous les services de restauration. J’ai changé les tables pour respecter le protocole sanitaire. Aujourd’hui ce n’est pas le cas. Le protocole sanitaire n’est pas respecté et moi ce qui me choque c’est qu’on a l’impression que vous ne mesurez pas l’urgence, ni les demandes pressantes de la communauté éducative, ni l’inquiétude des parents d’élèves.

Il faut qu’à un moment donné vous puissiez nous donner des éléments probants. Il faut que nous puissions nous réunir, faire un état des lieux que cela soit sur les transports scolaires ou le maintien de la continuité pédagogique. La restauration dans les lycées n’est pas une demande complètement délirante, c’est juste que nous souhaitions qu’il y ait des mesures fortes. La mesure des 900 agents, c’est parce qu’il manque du personnel. Vous comprenez bien qu’aujourd’hui ils sont complètement épuisés. On met leur santé en danger. Cela me semble tellement logique et compréhensible que nous ayons des mesures probantes et pas simplement dire « Ah mais nous faisons de notre mieux« . Je pense qu’en tout cas sur les transports scolaires, sur la continuité, sur les agents et sur cette cellule de crise vous auriez pu apporter une réponse positive.

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