Commission permanente du 27 mai 2020 : intervention de Pierre Serne sur le RER Vélo
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Nous sommes tout à fait satisfaits de voir qu’au terme de cette pandémie, vous accédez enfin à une requête que nous formulons depuis plusieurs années, et proposé au budget d’Ile-de-France Mobilités, et pour laquelle les associations de cyclistes militent depuis longtemps. Ce projet n’est pas la propriété de l’exécutif régional, il s’agit d’un travail co-construit par des cyclistes, des passionné·es, des engagé·es qui n’ont pas attendu le réveil écologiste de la Présidente de Région pour repenser les mobilités en Ile-de-France.

Mais la méthode, comme souvent, nous inquiète et nous questionne : le choix d’orienter les politiques de transports régionales vers un RER Vélo n’est pas un détail technique mais bien une vision politique des transports en Ile-de-France. Et comme toute orientation stratégique, politique et structurante, ses modalités devraient être débattues et approuvées par l’instance délibérante la plus démocratique de la Région Ile-de-France, à savoir le Conseil Régional.

Car c’est bien là le problème, retranscrit dans notre amendement : on ne peut pas infiniment mener la politique du « en même temps », en traitant la réalisation du RER Vélo comme une pièce séparée, imbriquée dans une politique d’ensemble sans vision. Une politique régionale cohérente ne pourrait pas contenir en son sein le superbe projet du RER Vélo, et les énièmes déclinaisons du plan route. La bagnole prend une place folle en Ile-de-France. Et l’espace n’est pas extensible, tout est une question de choix d’aménagement. Si on décide faire le RER Vélo, on peut plus faire comme avant.
La gouvernance établie pour ce RER Vélo nous inquiète également. Nous attendons de la Présidente de la Région Ile-de-France, qu’elle demande un engagement dans le temps des collectivités sur la réalisation du RER Vélo, au regard du renouvellement des équipes municipales.
Alors bien évidemment, nous voterons ce rapport, avec la déception tout de même de voir ce projet noyé dans des tas d’autres, dont la pertinence au regard des enjeux écologiques et sociaux n’est pas questionné.