Conseil régional du 19 novembre : Annie Lahmer intervient sur la politique environnementale régionale
Partager

Madame la Présidente,

Monsieur le Vice-président,

L’exécutif régional l’avait promis : l’Année 2021 ouvrira une page nouvelle et résolument amplifiée de la reconstruction écologique de l’Ile-de-France. Cela revient tout de même à reconnaître que jusqu’ici rien n’a été engagé sur la question écologique. Il est vrai que pour vous la politique environnementale c’est entre autres 250 millions d’euros investis dans un « plan route », avec pour seul effet d’augmenter le nombre de véhicules à moteur thermique circulant en Île-de-France, le soutien aveugle aux industries émettrices de CO2 et toxiques, ou encore au projet inutile d’extension du T4 à Roissy Charles de Gaulle. Ce sont l’accompagnement à la construction d’écoquartiers qui n’en ont que le nom ou l’agrandissement d’usines d’incinération.

La Région avait pourtant les moyens d’agir pour engager la grande transition écologique qui s’impose et préserver le cadre de vie des Francilien·nes, et ceci dès 2016 en soutenant par exemple le fret ferroviaire, en n’abandonnant pas 150 millions d’euros destinés à la rénovation énergétique, ou en soutenant les associations telles que la Graine IDF.

Comment prétendre mener une politique de transition écologique quand les transports en commun se dégradent un peu plus chaque jour, comme le démontre un récent rapport de la Chambre régionale des Comptes, alors que la région soutient toujours le CDG Express ?

Vous avez préféré une action de communication en organisant cette COP. Évènement duquel sont issues 192 propositions étonnement annoncées pendant l’évènement. Cette COP aurait dû être l’aboutissement d’un processus de concertation associant l’ensemble des parties prenantes du territoire : collectivités locales, acteurs économiques, associatifs, syndicats et citoyen·nes. Une COP qui aurait dû présenter un diagnostic et déboucher sur une feuille de route précise et des engagements pour l’ensemble des actrices et acteurs qui y participent

Vous avez souhaité “Agir vite”, d’accord mais pourquoi avoir attendu 5 ans ? Alors que les solutions sont connues et sur la table depuis longtemps.

Il y a urgence si on veut atteindre les objectifs de l’Accord de Paris ou même nos objectifs du Schéma Régional Climat Air Énergie (SRCAE). Les effets de la pollution de l’air n’ont jamais été aussi forts alors que des records de chaleur ont été observés cet été. Que des milliers d’hectares d’arbres et de forêts ont montré des signes très inquiétants de stress hydrique dans la région, et que le monde agricole francilien est, chaque année, toujours plus impacté par des inondations.

Cette inaction face à cette situation dramatique, participe à la dégradation de l’environnement. Vous préférez la communication à la concertation et au travail en commun. Vous préférez mettre en avant les acteurs du CAC 40 qui sont venus nous vendre des entreprises qui peignent en vert leurs supports de communication pour un soi-disant verdissement de leurs marchés.

Votre réponse à l’urgence ? Des “Appels à projets” ! Or la multiplication des appels à projets rend totalement illisible la politique environnementale de la région. Ce dont nous avons besoin, c’est un état des lieux clair, d’indicateurs de suivis et d’évaluation, ainsi qu’un cap qui nous permettra de respecter nos engagements nationaux et internationaux.

Aujourd’hui, même le conseil d’état demande à l’Etat de prouver que ses engagements climat sont suffisants pour atteindre une réduction de -40% des émissions de GES pour 2030. Le devoir de la région est de contribuer en urgence à cette baisse, plutôt que de vouloir ménager, celles et ceux de vos amis, pour qui l’écologie, “ça commence à bien faire !”. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *