Décharge Terzéo : le préfet de Seine-et-Marne autorise la destruction d’espèces protégées
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[Communiqué de presse]

Pendant le confinement, les projets nocifs pour l’environnement continuent. Vendredi 20 mars dernier, M. Coudert le préfet de Seine-et-Marne, a montré une fois de plus son étrange interprétation de l’intérêt général. Le même préfet qui avait mobilisé les chasseurs pour contrôler les allées et venues des Seine-et-Marnais, qui profite de la vulnérabilité des réfugié·es pour les inviter à suppléer aux saisonniers manquants dans les champs vient donc de lever un des derniers freins à la construction de la décharge de déchets dangereux Terzéo, à Isles-lès-Villenoy près de Meaux en publiant un arrêté dérogatoire à l’interdiction d’atteinte aux espèces protégées.

Ce projet, évoqué depuis 2016, est contesté depuis maintenant plusieurs années en raison de son impact écologique majeur et des nuisances vis-à-vis des populations riveraines. Alors que la Seine-et-Marne accueille déjà l’immense majorité des déchets de chantiers de toute l’Île-de-France, le projet Terzéo prévoit de stocker 200.000 tonnes chaque année. La décharge est prévue sur un site qui jouxte des habitations et qui est devenu, depuis son abandon par le précédent exploitant, un véritable refuge pour l’avifaune. Le projet Terzéo incarne le double préjudice infligé aux habitant·es de Seine-et-Marne : faible accès aux infrastructures métropolitaines et services publics mais stockage de la plupart des déchets de chantier, provoquant la dégradation des paysages et des écosystèmes.

Le préfet de la Seine-et-Marne montre ainsi qu’il n’a rien compris aux causes de l’épidémie de COVID-19 que nous traversons. La destruction de l’habitat animal, au rythme effréné du capitalisme industriel, est la principale cause du « passage de la barrière des espèces » par les virus dont les animaux sauvages sont des porteurs sains. Ainsi, celui qui prétend vouloir gérer au mieux la « crise sanitaire » par les instruments de la répression est aussi celui qui autorise la destruction de l’environnement qui produit la crise. 

Le groupe d’élu·es au conseil régional d’Île-de-France Alternative Écologiste et Sociale soutient le combat des collectifs locaux, réclame des politiques publiques favorables à des modes de production et de consommation soutenables et promeut un rééquilibrage territorial dans la gestion des déchets. Les réglementations environnementales doivent être respectées et l’Etat doit défendre les droits des habitant.e.s et de l’environnement plutôt que de se plier, comme c’est devenu malheureusement trop souvent le cas, aux intérêts particuliers des industriels.