Déconfinement dans les transports franciliens : entre confusion, opacité, improvisation et arbitraire, Valérie Pécresse crée l’inquiétude et la colère
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À 3 jours du début du déconfinement, et alors que les Francilien·nes attendent des décisions concrètes et claires, la présidente d’Ile-de-France Mobilités, Valérie Pécresse, n’a pas convoqué le Conseil d’Administration pour acter les mesures précises d’organisation de crise du réseau de transports publics. Habituellement si prompte à communiquer, Mme Pécresse en dit bien peu, distillant des annonces qui n’engagent qu’elle, sans explication, créant confusion et inquiétude. Les élu·es du groupe Alternative Écologiste et Sociale s’indignent de son mépris total des instances démocratiques.

En dépit de nos demandes, seule une “réunion d’information” sans vote a finalement été fixée au 8 mai, un jour férié. Aucune information n’a été fournie aux administrateur·rices d’IDFM, personne ne sait à cette heure ce qui doit se passer concrètement lundi 11 mai, ce qui relève des souhaits de Mme Pécresse ou ce qui est légalement applicable. Chacun·e en est réduit à guetter ses annonces, contradictoires et incomplètes.


A l’occasion d’une audition au Sénat, nous apprenons par exemple que la présidente a signé, sans mandat ni concertation, une charte de reprise de l’activité économique en Ile-de-France qui comprend un volet sur les transports. Le contenu de cette charte est critiqué par de nombreux acteurs politiques et syndicaux qui pointent notamment ses lacunes sur la sécurité des salarié·es, ses ambiguïtés et imprécisions… Et l’absence totale de débat transparent qui caractérise son écriture comme son adoption. Clairement, les décisions attendues et indispensables pour les 5 millions de Francilien·nes usager·es des bus, trams, métros et trains du quotidien ne sont pas là.


Personne à cette heure ne sait vraiment ce qui va se passer station par station, gare par gare, ligne par ligne. Filter, comment ? Réguler, comment ? Verbaliser, sur quelle base ? Trier celles et ceux qui peuvent ou pas circuler, sur quels critères ? Assurer les distances sanitaires sur les quais, dans les couloirs, comment ? Il y a bien sûr des solutions à mettre en oeuvre mais qui peut croire qu’elles seront opérationnelles dès lundi matin ? Il ne s’agit ni de polémique ni de posture politicienne, il s’agit de la sécurité des Francilien·nes et aussi de justice sociale et territoriale car tou·tes ne sont pas égaux devant la reprise de l’activité et le besoin de transports en commun. Et quelles garanties aussi pour éviter un report massif vers la voiture individuelle qui mettrait en danger la santé des Francilien·nes en aggravant la pollution de l’air ? On pressent bien que dans les annonces parcellaires et contradictoires de Mme Pécresse l’arbitraire et l’éternel discours répressif camouflent mal une inquiétante impréparation et une confusion totale. 

Pierre Serne, administrateur à Ile-de-France Mobilités, réagit : “C’est grave, irresponsable et antidémocratique. Nous demandons de toute urgence la tenue d’un conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités qui décidera une vraie feuille de route claire et précise pour la remise en marche en toute sécurité de nos transports publics, quitte à prendre le temps nécessaire. C’est de la santé des Francilien·nes dont nous parlons !”.