En plein pic de pollution, le Tribunal Administratif de Paris annule la piétonisation des berges de la rive droite
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[Communiqué de presse AES]

Alors que la France est toujours menacée d’une procédure d’infraction devant la justice européenne concernant sa politique de lutte contre la pollution, le groupe Alternative Écologiste et Social du Conseil régional Île-de-France déplore la décision du Tribunal administratif de Paris annulant la délibération du 26 septembre 2016 du Conseil de Paris qui déclarait l’intérêt général de l’opération d’aménagement des berges de la rive droite de la Seine.

Depuis lundi dernier, la région Île-de-France subit un fort pic de pollution et cette décision arrive au plus mauvais moment.

Si le tribunal s’appuie sur des insuffisances concernant l’étude d’impact réalisée à l’époque, le groupe Alternative Ecologiste et Sociale constate que les effets escomptés en 2016 se réalisent aujourd’hui :

  • baisse de certains polluants atmosphériques
  • baisse de 5% de la circulation routière sur Paris en ce début d’année 2018
  • régulation progressive et retour à la “normale” de la circulation sur les autres voies

Rien n’empêche la ville de Paris de revoir ses arrêtés et de soumettre d’autres délibérations qui, cette fois, pourront s’appuyer sur des faits avérés.

C’est un mauvais coup porté et cela risque de retarder la réappropriation des berges de Seine,” s’inquiète Pierre Serne. “Mais cela n’enlève en rien la pertinence de l’objectif de fermeture définitive et de réduction de la place de la voiture individuelle pour une meilleure qualité de vie des Parisien-nes et pour leur santé au vu de la récurrence des épisodes de pollution auxquels nous assistons toujours hélas”.

Pour le groupe Alternative Ecologiste et Sociale, cette décision est gravement dommageable, car elle suspend la légitimité d’un projet dont l’objectif est de réduire la pollution de l’air et de permettre aux citoyen-nes de reprendre des espaces de plus en plus dédiés à la circulation routière. La politique menée par la Mairie de Paris permettait pourtant de lutter efficacement contre la pollution, grâce à des mesures visant à améliorer la qualité de l’air tant pour les Parisien-nes que pour les Francilien-nes.

En plein pic de pollution, je regrette que nous soyons une fois de plus confronté-es à une vision court-termiste des politiques d’aménagement. Toutes les mesures de protection de l’environnement et de la santé publique sont nécessaires. Les impacts se regardent sur le long terme, ” rappelle Mounir Satouri, président du groupe politique régional.