Évaluation des politiques publiques : François Damerval interpelle la région
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Madame la Présidente,

La RGPP 2007-2012, période où vous étiez ministre, a été une démarche nouvelle mais dont l’ambition initiale a été compromise par la méthode employée. En supprimant de manière aveugle des postes de fonctionnaires, le bilan a été un affaiblissement de la puissance publique sans économies réelles. L’évaluation des politiques publiques que vous nous proposez est de nouveau compromise par la méthode. Elle est compromise sous les auspices implacables de votre communication outrageuse.

La question humaine est exclue de cette évaluation. Ce qui représente à vos yeux une dépense, est en vérité notre principal patrimoine. Vous parliez de suppressions de postes aux sièges et sacralisation du nombre de postes dans les lycées. En réalité de 8 682 agents en 2015, vous supprimiez 100 postes dans les lycées dès 2016. Il faudra attendre 2018 pour repasser au-delà du niveau de 2015, du fait de la création de lycées par l’ancienne majorité.

Le nombre d’agents au siège recule de 7 agents en 4 ans, bien loin des 50 postes en moins par an. Vous les avez réellement supprimés budgétairement pour directement les recréer en catégorie A en contractuel, au passage vous oublierez que les titulaires sont prioritaires sur les vacataires. Vacataires que vous allez naturellement chercher dans vos réseaux quand il ne masque pas des emplois de cabinet. 

De ce fait, si en 2016 on avait 87 % de titulaires, en 2019, on passe à 78 % avec pour conséquence le blocage des carrières. Dans les lycées, cela se traduit par 2 catégories C promouvables sur 2 400 éligibles.

La crise que nous traversons surcharge le travail des agents avec un besoin de 900 postes supplémentaires, en plus des besoins permanents. La réponse de la présidente : 100 000 tests COVID à charge de la région plutôt que de laisser faire l’ARS (créé par la loi HPST lorsque Valérie Pécresse était ministre) dont c’est la compétence. En revanche assumer la compétence Lycée et recruter des agents, créer des brigades mobiles d’entretien et restauration et prendre soin des agents des lycées, ce n’est pas rentable électoralement.

Résultat : nous sommes une région qui n’arrive pas à recruter.

Si je fais un focus sur les agents de la région, c’est parce que ce sont eux qui auront à mettre en œuvre les politiques publiques.

Ils devront mettre en œuvre les marchés de partenariat que vous votez mais qui ne sont pas sexy en termes de communication pour votre bilan. Ils ne seront pas analysés malgré l’échec de la procédure pour la rénovation énergétique de 21 lycées qui attendront encore après 5 ans de procédure pour rien, une indemnité de 1.800.000€ et le coût des AMO. 

Idem pour celui retiré parce que le maire de la commune allait perdre les municipales en cas me mise en œuvre de celui-ci. Electoralisme encore et toujours. Et que dire du contrat accordé à Vinci qui va couter 1,9 millions d’euro en pur pertes et profits !!!

Quid de tous les programmes qui auront était imaginés par E&Y ou PWC et qui seront analysé avec les grilles de lecture de ses grands cabinets que vous affectionnez tant ou encore d’une région qui a transformé son inspection générale en instance politique de recasage des amis, et qui a pour objectif de faire des panégyriques transformant 5 années contre-productives en plaquette glacée et slogans bidons.

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