Financement des transports en commun en Ile-de-France : un accord qui ne résout rien
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[Communiqué de presse]

Voté le 23 septembre en séance du conseil d’administration d’Ile-de-France Mobilités, l’accord financier avec l’Etat n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. S’il apporte une solution nécessaire jusqu’à la fin de l’année 2020, il ne lève pas l’incertitude qui pèse sur le financement des transports en commun en Ile-de-France à partir de 2021, renvoyant à une “clause de revoyure avec l’Etat” une éventuelle solution pérenne. Le besoin de financement des transports en commun en Ile-de-France est un sujet connu depuis plusieurs années. En cinq ans de mandat, aucune solution n’aura été apportée par Valérie Pécresse.

La crise sanitaire a mis en danger la santé financière d’Ile-de-France Mobilités. La chute brutale des recettes a eu des conséquences lourdes à court terme. Malheureusement, la crise s’allonge et le trafic voyageurs ne reviendra pas à la normale avant de long mois, voire davantage. D’où une baisse record des recettes d’Ile-de-France Mobilités.

Dans ce contexte, l’accord dit “historique” par la Présidente de Région ne vient pas du tout clore la séquence. S’il est déjà difficile de connaître les contreparties négociées par l’Etat en échange de cet accord qui « sauve » opportunément V. Pécresse en fin de mandat, celui-ci ne solutionne pas le financement d’IDFM à partir de 2021. Pire, à partir de 2023-2024, il vient alourdir les charges financières qui vont peser sur IDFM. En effet, IDFM va bénéficier d’une avance remboursable, en fait un prêt à taux zéro pour financer le fonctionnement d’IDFM. Une avance qu’il faudra bien rembourser. Mais cela ce sera après les élections régionales, évidemment.

Pierre Serne, administrateur d’IDFM et membre du groupe Alternative Écologiste et Sociale : “En réalité, en 6 ans à la tête d’IDFM, Valérie Pecresse n’aura mené aucun travail de fond sur cette question, laissant planer une incertitude très inquiétante pour l’avenir des transports en commun en Ile-de-France. La crise vient renforcer cette menace. Cet accord, nécessaire à court terme n’apporte aucune réponse pour la suite, et à ce titre semble bien insuffisant pour garantir La nécessaire modernisation et progression des transports du quotidien pour les Francilien·nes, qu’elle est loin la promesse de révolution des transports faite par la candidate Pécresse en 2015”.