Formation et emploi : le logiciel économique de la droite est dépassé
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Le budget régional 2018 dans le domaine du développement économique, de la formation professionnelle et de l’emploi a été principalement marqué par un recul majeur de l’intervention régionale.

Justifiant les nombreuses baisses dans ces secteurs par le désengagement de l’Etat, l’exécutif régional a une fois de plus mis en avant un volontarisme en matière de développement économique et d’accès à l’emploi tout en sacrifiant de nombreux dispositifs d’insertion et d’innovation et en refusant de prioriser son action.

Emir Deniz, membre des commissions Développement économique et innovation ainsi que Formation professionnelle, apprentissage et emploi, est intervenu en séance pour dénoncer le logiciel économique dépassé de la droite :

« Ce que vous énoncez dans vos propos et dans vos nombreuses sorties dans la presse est à l’exact opposé de ce que vous proposez dans ce budget. En matière d’innovation par exemple, vous dites vouloir faire de l’Île-de-France une « smart région » mais que constate-t-on au quotidien ? Que les véritables innovateurs, ceux qui sont sur le terrain et qui développent des activités, sans but lucratif notamment, sont sacrifiés et abandonnés.

Ce budget est dans la droite ligne des précédents : aucune originalité, aucun soutien aux expérimentations que ce soit en matière d’innovation économique, technologique mais encore et surtout social. Car, ne vous en déplaise, le développement de l’innovation sociale apportera beaucoup plus à notre région que vos mots-valises. »

Dénonçant la « pensée magique » des néolibéraux, qui « pensent qu’en disitribuant de l’argent sans contrepartie aux entreprises on crée de l’emploi mécaniquement et que la croissance est une espèce de potion magique qui apporte du bien-être et du bonheur », Emir Deniz a notamment proposé par voie d’amendements de renforcer l’économie sociale et solidaire, de créer un fonds pour développer sur le territoire francilien les emplois à utilité sociale et environnementale et de critériser les dispositifs régionaux pour que les subventions versées servent à créer de l’activité utile pour les habitant-es et respectueuse de l’environnement.

« Nous pensons qu’il faut sortir de ces schémas archaïques qui ont échoué et, plutôt que d’être dans une logique de guichet et d’assistanat envers des entreprises qui depuis 10 ans ont bénéficié de plus de 30 milliards d’euros de transfert d’impôts notamment à travers le CICE et le Crédit Impôt Recherche, être dans une logique de développement : apporter les outils plutôt que de donner des fonds sans contrepartie, aider ceux qui embauchent plutôt que ceux qui licencient, aider ceux qui sont vertueux écologiquement plutôt que les data-centers, les méga-projets et autres industries énergivores et polluantes. »

Le groupe Alternative Ecologiste et Sociale a également demandé de renforcer l’aide aux missions locales et aux centres de formation d’apprenti-es, dans un contexte de restructuration de ceux-ci par des contrats de performance visant à réduire les financements dédiés, de remettre en place des actions de lutte contre les discriminations et de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la sphère professionnelle, ainsi que de revenir sur les baisses des budgets des formations qualifiantes, notamment pour accompagner les démarches de transition écologique, soutenir la reconversion des filières en perte de vitesse et assurer la formation des salarié-es à de nouveaux métiers.
Sans surprise, l’exécutif régional a refusé de discuter de ces propositions.