Motion de l’exécutif régional réaffirmant l’interdiction du burkini dans les îles de loisirs régionales : intervention de Ghislaine Senée
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Madame la Présidente,

L’article 71-1 tiré de la Constitution dit que « le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés par les administrations de l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, ainsi que par tout organisme investi d’une mission de service public, ou à l’égard duquel la loi organique lui attribue des compétences« .

Vous venez de le rappeler, le 22 décembre, effectivement, la défenseure des Droits a émis un premier avis dans lequel, elle souligne le caractère discriminatoire de l’interdiction du burkini au sein de cette île de loisirs. Et sans attendre sa décision définitive, qu’elle vous promet à l’issue des trente jours, vous décidez ici de faire voter une motion réaffirmant l’interdiction du burkini sur ces espaces de baignade. 

En fait, clairement, vous remettez en cause ouvertement l’autorité d’un des gardiens de notre Constitution. Alors je m’interroge, Madame la Présidente, auriez-vous un problème avec l’autorité administrative ? Auriez-vous un problème avec la Constitution, Madame Pécresse ? Nous, non. Nous sommes attachés au respect des droits et des libertés de tous nos concitoyens. Nous, nous défendons la promotion de l’égalité. Aussi, nous nous sommes attachés au respect de la Constitution, et c’est pour cela que nous allons attendre la décision de la défenseure des Droits et que nous ne participerons pas à ce vote.