La Région doit agir pour faire face aux risques industriels – Question orale d’Annie Lahmer
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Question orale  – Conseil Régional 11 juin 2020

Protéger les Francilien·nes des risques industriels

Madame la Présidente, chers collègues,

Le 26 septembre 2019, jour de la mort de Jacques Chirac, un véritable drame touchait la ville de Rouen : un panache de fumée, issu d’un incendie dans l’usine Lubrizol a recouvert la ville et de nombreuses communes alentour.

Cet incident fait écho à la catastrophe industrielle qui a touché l’Île-de-France en juillet dernier dans l’indifférence des médias et du Conseil régional. Je parle bien sûr de l’incendie de l’unité de clarifloculation de l’usine Seine-Aval du SIAAP dans les Yvelines.

Il fait aussi écho à la rupture constatée dans le pipeline d’Île-de-France qui a contaminé des sols et cours d’eau, toujours dans les Yvelines au printemps 2019.

En réalité, et vous ne l’ignorez pas, l’Île-de-France accueille 94 sites Seveso et un nombre bien plus grand d’installations classées au titre de la protection de l’environnement. Le rapport du Sénat au sujet de Lubrizol pointe du doigt la négligence avec laquelle la direction du site a traité les recommandations faites par les autorités ainsi que l’absence de coordination en terme de prévention des risques dans un site accueillant plusieurs industries dangereuses.

Alors que notre Région est la plus dense de France, ni les populations, ni les élu·es ne disposent d’informations précises et fiables concernant la dangerosité des sites. Plutôt que de contraindre les industries à se conformer aux enjeux spécifiques de leur environnement, c’est aux populations et aux communes de s’adapter au voisinage d’activités porteuses de risques majeurs. En Essonne, des élu·es et des riverain·es demandent avec insistance, mais sans réponses le déménagement de sites dangereux de stockage d’hydrocarbures à proximité des habitations.

N’oublions pas les salarié·es, souvent instrumentalisé·es au titre de la défense de l’emploi mais premières victimes des expositions à des fumées ou à des produits toxiques, dont ils et elles n’ont pas toujours les informations quant aux conséquences sur leur santé. Premier.es concerné.es, mais loin d’être les premier.es informé.es, ces dernier.es, autant que les riverain·es et les élu·es méritent attention et protection.

La priorité toujours donnée par les préfectures aux promesses de développement économique a pour conséquence une sous évaluation chronique des risques. Je vous propose une petite expérience de pensée : imaginez un instant qu’un incident majeur advienne en amont de la Seine, à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine par exemple. Vous nous direz peut-être que le nuage s’arrêtera à la frontière de l’Île-de-France… Appliquez ensuite la gestion qu’a eue l’État du COVID 19. C’est à dire une attitude de déni, de dissimulation, d’abandon des plus fragiles et de répression à tout va. Madame la Présidente, vous qui avez pour responsabilité de protéger la santé des Francilien·nes, vous ne pouvez pas vous satisfaire du niveau de contrôle existant.  Nous vous demandons d’exiger des services de l’Etat un contrôle généralisé et contraignant pour l’ensemble des ICPE et sites SEVESO Franciliens. Nous souhaitons être informé.es des résultats et recommandations des contrôles réalisés.