La région offre 5000 faisans aux chasseurs
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« Communiqué de presse »

La commission permanente du Conseil régional d’Île-de-France a validé la subvention de 57.500€ pour la fédération régionale des chasseurs. Cette subvention a pour objectif de participer à un projet de lâcher de faisans et poules faisanes en Val d’Oise, Yvelines et Seine-et-Marne. Alors que l’immense majorité des faisans tués par des chasseurs avaient été relâchés dans l’année, les populations sauvages ne parviennent pas à se maintenir.

L’exécutif défend que cette subvention a un objet strictement écologique et n’a que pour but de renforcer des populations sauvages car les zones concernées font l’objets d’arrêtés préfectoraux empêchant le tir des faisans. Cependant, les arrêtés existants n’interdisent que le tir des femelles (poules faisanes) et appliquent différents niveaux d’autorisation pour le tir des mâles. En outre, rien ne dit qu’une fois les populations stabilisées (d’ici un an ou deux), les interdictions de tir ne seront pas levées. Quoi qu’il en soit l’objet des groupements d’intérêt cynégétique qui procéderont aux lâchers est bien de maintenir des populations de gibier à un niveau permettant le “prélèvement” d’individus.

“Il est aberrant que tant de fonds régionaux soient attribués à des associations de chasseurs. Alors que nous vivons de plein fouet la sixième extinction des espèces. La priorité est de renforcer la possibilité d’une vie sauvage à nos côtés, pas d’acheter du gibier qui sera tiré dans un, trois ou six mois dénonce Ghislaine Senée, présidente du groupe Alternative Écologiste et Sociale au Conseil régional d’Île-de-France. Seules les femelles font l’objet d’interdiction de tir aujourd’hui. Qui peut prétendre que la fédération de chasse n’introduira que des poules faisanes ? C’est absurde.”

Dès que nous avons été informés de ce projet, nous avons pris la décision d’alerter les Franciliennes et les Franciliens. Depuis, plus de trois mille d’entre eux ont adressé un message à M. Dugoin-Clément, vice-président à l’écologie et à Mme Pécresse, présidente du Conseil régional.

“De deux choses l’une: soit l’espèce est menacée et auquel cas ce sont les scientifiques, les associations naturalistes, sous la coordination de l’Agence régionale de la biodiversité qui devraient être mobilisées;. soit c’est c’est du futur gibier qu’on offre aux chasseurs, avec de l’argent public. note Annie Lahmer, élue régionale membre du groupe Alternative Écologiste et Sociale. Il est inadmissible que les pouvoirs publics cèdent encore à des lobbies qui prétendent défendre la biodiversité quand leur objectif est bien de tuer des animaux.”

Nous tenons à remercier l’ensemble des citoyennes et des citoyens ainsi que les associations qui ont tenté, avec nous, de faire reculer l’exécutif sur ce projet incompréhensible. Apparemment ces trois mille personnes qui se sont fait la voix du vivant n’ont pas été entendues par l’exécutif régional qui, avec sa majorité, ont voté la subvention prévue.