La Seine-et-Marne, grande oubliée du plan déchets régional
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Des élu-es du groupe Alternative Écologiste et Sociale se sont rendu-es ce samedi en Seine-et-Marne pour dénoncer le manque de responsabilité de l’exécutif régional sur ce département oublié du plan régional de prévention et de gestion des déchets prévu au vote du

 conseil régional fin mai 2019. Vaste territoire, ce département a toujours servi de dépotoir pour l’ensemble de l’Île-de-France, notamment pour les déchets de chantiers et les déchets dangereux. Les risques sanitaires et environnementaux ne font pas le poids face aux enjeux financiers des entreprises ou des collectivités et aux besoins de stockage des grands projets d’aménagement. Ainsi, les déchets du chantier du Grand Paris seront-ils exportés en Seine-et-Marne, sans limite aucune et sans que ce département ne bénéficie desdits aménagements.

En parcourant ne serait-ce que quelques kilomètre de la Seine-et-Marne ouest, il est aisé de voir les nombreuses montagnes de déchets inertes qui se multiplient un peu partout et les défilés de camions les transportant.

Les élu-es ont choisi 2 sites emblématiques de la situation ubuesque que subit aujourd’hui le département.

C’est ce qui s’est passé à Emerainville, où les opposants au Maire, dont Monsieur Jacques Huleux, ont mis le doigt sur un sujet rocambolesque. En effet, alors que le Maire a le pouvoir de police sur sa commune en matière d’environnement, c’est lui-même qui a donné l’autorisation à une entreprise de créer une montagne de déchets, d’après le propriétaire privé d’un terrain, au seul motif de sa sécurisation. Le propriétaire se retrouve aujourd’hui avec une facture de plus de 5 M€ s’il veut déblayer les 100 000 tonnes, facture qui pourrait doubler s’il s’avérait que les déchets sont pollués (les documents concernant la nature de ces déchets n’ont pas été rendus disponibles malgré le devoir de traçabilité). L’intérêt de la municipalité, dans ce cas particulier, est totalement opaque, et il semble que ce sujet ait été reproduit, avec la même entreprise, dans 2 autres communes franciliennes

Jacques Huleux : “Emerainville est une commune plaisante mais les nuisances extérieures sont extraordinaires. On avait les avions, les trains, la francilienne, l’autoroute A4 et maintenant les déchets. Qui dit mieux ? Les habitant-es de Vaujours et de Fleury-Mérogis subissent exactement les mêmes nuisances, la résistance aux déchets sauvages est commune.”

Mounir Satouri : “Nous sommes face à des conflits entre intérêts général et particulier. Nous n’avons aucune certitude sur l’état de la pollution des terres qui ont été déversées ici. Nous demandons que les atteintes à l’environnement soient sanctionnées à leur juste mesure. Ce n’est pas acceptable que la dégradation de l’environnement, aujourd’hui, rapporte de l’argent à celles et ceux qui ne respectent pas les conditions de vie des habitant-es.”

Annie Lahmer : “Le plan de gestion des déchets qui est en discussion au Conseil régional ne limite pas, ne réduit pas les déchets et il ajoutera de la pollution par l’essor, notamment, des incinérateurs. La problématique des déchets est globale, toutes les régions sont concernées. Avec le nouveau plan porté par la droite régionale, les déchets des autres régions, y compris d’autres régions européennes, pourront être stockés sur notre territoire. Il est primordial de mettre tous les efforts sur la réduction de la production de déchets.” “Un moratoire contre la multiplication des décharges en Seine-et-Marne avait été pris par la précédente mandature pour que ce département ne prenne pas toute la charge des déchets du Grand Paris. Il est irresponsable aujourd’hui de ne plus évoquer du tout ce sujet, d’autant que des régions limitrophes, le Centre notamment, refusent aujourd’hui – à raison –  de subir les déchets franciliens.

 

 

Les 3 élu-es présent-es se sont ensuite rendu-es sur le futur site de Terzeo qui prévoit de faire une décharge et de développer un projet de traitement des déchets dangereux, là encore au mépris des riverain-es et de la nature de l’agglomération du pays de Meaux (villes de Villenoy et Isles-lès-Villenoy). Le projet met en danger les zones natura 2000 à proximité, avec de nombreuses espèces d’oiseaux menacées ainsi que les cours d’eau et nappes phréatiques qui alimentent les villes alentours mais aussi une bonne partie de l’île-de-France et des Parisien-nes.

Bénédicte Monville : “Ce n’est pas un hasard si ce sont les grands groupes qui s’emparent de la question de la gestion des déchets. Les enjeux financiers sont énormes et on voit de plus en plus clairement leur volonté de bâtir un modèle économique rentable au détriment de la santé des habitant-es et de l’environnement. Le projet Terzéo est d’autant plus délétère qu’il entend traiter et stocker des déchets dangereux (200 000 tonnes par an). Les promoteurs ont même reçu de l’État l’autorisation de détruire des zones humides qui hébergent une forte biodiversité, de déverser leurs eaux dans la Marne et de stocker des déchets dangereux sur des bâches qui n’auraient qu’une dizaine d’année de durée de vie et ce au-dessus de nappes phréatiques. ”

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