Les collectivités locales peuvent agir contre la canicule et la pollution
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Les prévisions météorologiques concernant la période allant du 23 au 27 juin sont alarmantes. Les dangers liés aux canicules sont démultipliés en Île-de-France du fait de la forte densité d’habitation et de l’étendue des zones urbanisées. Les accès aux zones plus fraîches telles que les bords et plans d’eau, forêts ou jardins y sont moins aisées que dans d’autres régions, du fait simplement de la rareté des espaces végétalisés. Le principe des « îlots de chaleur » qui se forment en ville est désormais de notoriété populaire. Et les messages de prévention sont, à chaque vague de chaleur, plus précis et mieux diffusés. Cependant, l’ensemble des pouvoirs publics disposent de nombreux leviers d’action qui ne sont que rarement mis en oeuvre.

 

La première politique de prévention des canicules est avant tout de diminuer drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, les dérèglements climatiques se manifestant notamment par la multiplication des vagues de chaleur. Mais une fois qu’elle est arrivée, outre les messages de prévention, les collectivités doivent réagir, avec détermination et pertinence pour protéger la santé de toutes et tous. En ville, les points d’accès gratuits à l’eau potable sont trop rares, hors des zones touristiques. La répartition des fontaines et cours d’eau est très inégale et pénalise les populations les plus vulnérables. La climatisation, surtout individualisée, est un Janus de la canicule : si elle permet de protéger pendant les vagues, elle contribue directement, par la consommation d’énergie et les rejets de gaz, au réchauffement climatique.

 

“Nous appelons l’ensemble des pouvoirs exécutifs franciliens à déployer un plan canicule concerté qui ne mette personne de côté. Dans tous les endroits susceptibles de connaître des pratiques de “streetpooling”, il faut mettre à disposition des brumisateurs mobiles. Les habitant-e-s cherchent à se rafraîchir comme ils et elles le peuvent, tout le monde a le droit d’être protégé contre la canicule. demande  Annie Lahmer , conseillère régionale du groupe Alternative Écologiste et Sociale. En tant que Présidente d’IDF-Mobiltiés, Mme Pécresse devrait aussi faire installer des points libres d’accès à l’eau dans les gares.”

Distribution gratuite d’eau de ville dans les services publics, les commerces et les lieux de passage comme les gares, les parcs ou les grandes places, mobilisation des professionel.le.s de l’enfance ou de la vieillesse, installation d’auvents et libre accès aux espaces collectifs climatisés  comme les cinémas ou les grands magasins sont des mesures à anticiper et à mettre en oeuvre en urgence.

 

Le groupe AES appelle à anticiper la venue d’un pic de pollution en mettant en place la circulation alternée et toutes les mesures appelant un report modal. “Il faut tout mettre en place pour éviter un pic de pollution, qui s’il survenait, serait durable et ajouterait à la difficulté de vivre en Île-de-France pendant cette période de canicule,” précise l’élue.

 

“Au-delà de l’urgence, la végétalisation des villes, la désartificialisation des sols et la rénovation des logements sont des orientations politiques prioritaires pour tous les pouvoirs publics franciliens. Sur ce point, Mme Pécresse fait tout le contraire de ce qu’il faudrait : feu vert à l’urbanisation, destruction d’îlots de fraîcheur comme la Corniche des Forts, coup d’arrêt à la politique de rénovation thermique des logements et suppression de l’aide aux copropriétés,” regrette Corinne Rufet, ancienne Vice-Présidente à l’environnement de la région île-de-France.