Les déchets en Île-de-France: Le 77, poubelle de la région?
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La Région Île-de-France produit chaque année environ 50 millions de déchets. Derrière ce chiffre, plusieurs types de déchets sont pris en compte. Les déchets auxquels on pense spontanément sont les déchets ménagers car ils concernent chacun et chacune d’entre nous, dans notre quotidien. Cependant, la masse la plus importante est constituée des déchets du BTP. 

On peut catégoriser les déchets selon leur origine (ménages, activités économiques, collectivités et administrations et déchets de chantier) ou par nature de déchet. La gestion et le traitement des déchets dépendent de ces deux éléments. Pour une même nature de déchets, sa destination (incinérateur ou décharge principalement) ne sera pas forcément la même selon qu’elle est collectée comme déchet ménager ou comme déchets des activités économiques.

Le principe théorique de prévention et de gestion des déchets préconisé par la loi vise à minimiser les impacts négatifs et propose une gestion hiérarchisée: prévention des déchets, réutilisation, recyclage, valorisation, élimination. En réalité, en Île-de-France, très peu est fait concernant l’évitement de la production de déchets ainsi que la réutilisation. Les taux de déchets recyclés est très bas (13%) et les prévisions à six ans sont en deçà des objectifs de la loi sur la transition énergétique et la croissance verte (LTECV). En revanche, une grande partie des déchets ménagers est valorisée: 80% des installations d’incinération (Unité d’incinération des déchets non dangereux) sont connectées à des réseaux de chaleur. D’ailleurs, l’énergie ainsi produite est considérée comme une énergie renouvelable, ou plus précisément “de récupération”, participant de la stratégie régionale de sortie des énergies fossiles.

L’enfouissement concerne la grande majorité des déchets du BTP, une partie des autres déchets des activités économiques s’apparentant pourtant à des déchets ménagers ainsi qu’une partie des déchets dangereux, stockés dans des sarcophages étanches pendant quelques années.

La densité de l’Île-de-France et la concentration des activités de toutes sortes qui la caractérisent font de cette région une grande “productrice” de déchets. Pourtant, pour les habitantes et les habitants des départements les plus denses (et les plus privilégiés économiquement), cette production de déchets n’a que peu d’impacts visibles. Si les incinérateurs sont répartis de manière relativement équitable sur le territoire francilien, les décharges (installations de stockage de déchets) sont, elles, principalement situées en Seine-et-Marne, en particulier au nord et à l’ouest du département.

Retrouvez le déplacement des élu-es du groupe en Seine-et-Marne.

 

Les déchets en Seine-et-Marne. Carte réalisée par le blog Adenca

 

Sur les 9 décharges de déchets “non dangereux”, 5 sont situées en Seine-et-Marne qui accueille également 13 des 24 décharges de déchets “inertes”. Entre 50 et 80% des déchets mis en décharge, selon leur nature, sont stockés en Seine-et-Marne.

Or ces décharges impliquent de nombreuses nuisances: odeurs, infiltration de polluants dans les sols, les cours d’eau et les nappes phréatiques, flux de camions transportant des déchets, impact paysager… Aujourd’hui et pour encore de nombreuses années, à en croire les prévisions préconisées par le Conseil Régional, la Seine-et-Marne stocke les déchets des autres départements franciliens. Les départements les plus urbains font peser l’impact de la consommation, de l’urbanisation et des activités économiques sur le département le plus rural de la région.