L’Ile-de-France a faim et Valérie Pécresse regarde ailleurs
Partager

Alors que la crise du Covid-19 plonge de plus en plus de Francilien·nes dans la grande précarité, l’exécutif régional ne semble pas se rendre compte de la gravité de la situation. Les nécessaires mesures de lutte contre la précarité sont les grandes absentes de la Commission Permanente du 27 mai 2020. Le Groupe Alternative Écologiste et Sociale prend acte de l’irresponsabilité de l’exécutif régional et propose son contre-plan face à la crise, au service des Francilien·nes les plus fragiles.

En Ile-de-France, on souffre aujourd’hui de la faim. L’ampleur de la crise sociale, faisant suite à la crise sanitaire et économique, est telle que le Préfet du département de Seine-Saint-Denis redoute des “émeutes de la faim”. Les associations de solidarité, à l’image d’Emmaüs, sont aujourd’hui en grande difficulté financière. Partout, ce sont les solidarités locales qui ont pris le relai de l’absence ou l’insuffisance de la puissance publique.

La Région Ile-de-France a dans son champ de compétences l’action sociale et l’aide aux populations les plus précaires. Pourtant, très peu de mesures en faveur des plus précaires lors de la séance ce mercredi 27 mai, en dépit de la promesse d’un fond réservé aux associations faite en début du confinement. Seules mesures de dernière minute votées : un soutien de 50 000€ à la banque alimentaire, ainsi que des aides à l’achat de produits agricoles franciliens pour ces mêmes associations. Si cette action est louable, elle n’est pas à la hauteur de l’urgence de la situation et des leviers qu’elle devrait susciter. 

Le groupe Alternative Écologiste et Sociale ne se satisfait pas de ces mesures. La solidarité ne peut se limiter à du saupoudrage et la réponse à la crise sociale doit être équitable et globale.

Aussi, le groupe a fait une contre-proposition transversale en faveur des personnes les plus fragilisées par la crise du Covid-19. 

Un fonds de 10 millions d’euros a été proposé en soutien aux associations et collectifs fragilisés par la crise, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour aider le plus grand nombre. Et parce que, jusqu’à 25% des locataires dans certains départements, notamment dans le parc privé, sont en incapacité de payer leur loyer, le groupe a soumis la proposition d’un fonds d’indemnisation des bailleurs, afin de permettre de rallonger les délais de recouvrement par les locataires. Une difficulté qui s’applique aussi aux étudiant-es : nous avons proposé que la Région prenne position pour la suspension des loyers CROUS. La Région et l’Etat doivent permettre à l’ensemble des locataires d’envisager sereinement la suite et d’éviter une explosion des expulsions locatives à la fin de la trêve hivernale. 

Un ensemble de propositions refusées par l’exécutif, qui pourtant ne rechigne pas lorsqu’il s’agit d’engager des sommes hautement plus importantes pour soutenir l’attractivité économique de la Région, ou des actions de Greenwashing de Total. Le soutien à l’activité économique est utile et indispensable mais doit être conditionné à des engagements ambitieux pour la transition écologique et à la valorisation juste des salaires. Pour autant, la région doit agir d’urgence sur le volet social et ne pas laisser des centaines de milliers de Francilien·nes sur le bord de la route.