Lits modulaires dans les hôpitaux franciliens : intervention de Frédéric Benhaim
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Madame la Présidente,


Cher·es collègues,

Le rapport présenté aujourd’hui porte sur plusieurs centaines de lits de réanimation modulaires pour répondre à la crise sanitaire, Avec le concours de l’Union européenne et du programme REACT-EU, l’exécutif veut investir 10 millions d’euros « permettant une augmentation graduée et réactive, en quelques jours, des capacités de réanimation des établissements de santé franciliens ».

Toute action visant à renforcer le système de soins en Ile-de-France est bonne à prendre. Nous voterons celle-ci.

Toutefois, nous souhaitons rappeler que c’est votre famille politique qui a initié la politique de tarification à l’activité et le Plan Hôpital 2007, première étape de la fragilisation présente de notre système de santé. Nous rappelons que le gouvernement continue de fermer des lits contre toute logique et que certaines formations ici en Ile-de-France sont inquiètes pour leur avenir, comme les jeunes et la communauté pédagogique de l’IFSI Rabelais relocalisés à Clichy avant un avenir incertain.

Maintenant, nous avons plusieurs questions essentielles d’intérêt général, et je vais les dérouler.

Nous voudrions rappeler que les propositions techniques doivent être accompagnées de ressources humaines car au rythme actuel, l’ensemble du corps soignant sera en burn-out à la rentrée. C’est bien beau d’avoir des lits s’il n’y a pas de personnels pour les faire fonctionner. Et c’est tout le problème d’aujourd’hui avec la COVID, les personnels fatiguent et sont « réquisitionnés » à chaque fois au détriment de leur activité hospitalière normale.

Les soignants ont besoin eux aussi de perspectives : la mise en œuvre de moyens supplémentaires doit s’accompagner d’une amplification de la vaccination et vous avez de ce point de vue bien fait d’interpeler l’Etat.

Nous insistons aussi sur le tempo : à l’échelle d’une pandémie, juillet, c’est dans un temps infini ! Pourquoi pas le mois de mai ? Ou avril ?

Enfin, je conclurai sur la question du matériel. Est-ce que le matériel sera bien adapté aux besoins hospitaliers ? Il y a un risque que ces lits de réanimation deviennent obsolètes rapidement. Qui va les entretenir lorsqu’ils ne seront pas utilisés ?

D’ailleurs, vous évoquez la formation des soignants, donc un risque que les soignants ne connaissent pas bien le matériel loué. Nous pourrions avoir moins d’efficacité que pour des lits dits normaux. Combien de temps faudra-t-il pour former les équipes ? Cela n’est pas neutre en temps normal pour l’activité quotidienne et cela l’est encore moins en temps de crise.