Où sont les milliards promis par Valérie Pécresse ?
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Au conseil régional, séance après séance, le vernis se fissure et malgré la communication implacable de la majorité, le bilan est sans appel : un sous-investissement chronique, des politiques publiques régionales abîmées.

En plénière, le 4 février, ce fut un florilège. 

Le plan de revoyure des lycées, voté en urgence, est un aveu d’échec pour la Présidente de région. Les lycées sont dans un état plus délabré que jamais et les travaux de rénovation promis depuis des années ont pris des retards considérables, voire n’ont même pas débuté. Le CESER, dans son avis du 29 janvier 2021, s’interroge même “sur l’absence de certains projets prévus en 2017 (dans le PPI révisé), notamment l’internat de Nemours”. L’exécutif régional exhibe fièrement un bilan de rénovation des lycées, pourtant bien maigre quand on y regarde de plus près : sur les 137 chantiers, seules 18 opérations sont issues du programme 2017-2027, et donc attribuables à la droite régionale ! 

Valérie Pécresse a beau se féliciter, c’est en réalité bien peu que la Région aura fait pour offrir aux lycéennes et lycéens et au personnel les conditions d’apprentissage et de travail qu’ils méritent. 

Au point que des enseignant·es et des parents d’élèves de certains établissements, comme le Lycée Feyder à Epinay-sur-Seine, envisagent d’attaquer la région en justice pour son inaction.

Sur le Contrat de Plan Etat-Région 2015-2020, qui détermine la programmation et le financement pluriannuels de projets et infrastructures éminemment structurants pour le territoire et essentiels pour les habitant·es, dans leurs transports du quotidien par exemple, il s’avère – l’avis du CESER à ce sujet est là encore sans appel – que le taux d’exécution régional est de…37 %. Un taux d’exécution incroyablement faible qui, dixit le CESER, ne “peut s’expliquer uniquement par des difficultés inattendues d’ordre administratif, technique ou d’acceptation locale des projets”. 

C’est donc bien de volonté politique qui a fait défaut, puisque ce sont 4,4 milliards d’euros qui ont été promis par la région aux Francilien·nes mais jamais totalement investis. Un sous-investissement massif qui ne sera jamais rattrapé au regard de l’urgence climatique dans laquelle nous sommes. 

En réalité, la liste des annonces non tenues et mensongères est longue : 10 milliards sur l’écologie, 1 milliard pour le Val d’Oise, 1 milliard pour la santé, 1 milliard pour l’alimentation… Quand on sait que le budget régional s’élève à 5 milliards d’euros, majoritairement fléchés vers les transports et les lycées, on en rirait presque si cela n’abîmait pas autant la parole publique, le bien-être des habitant·es et la crédibilité de notre institution régionale. 

Dans le même temps la région continue de céder le patrimoine des Francilien·nes : après le bâtiment d’Invalides à AG2R, le siège de la région et son hémicycle à BNP Paribas, c’est au tour des bureaux de Saint-Ouen d’être vendus à un leader mondial de services immobiliers, condamnant la Région à louer même son hémicycle.

Autant d’agitation pour si peu d’actions. Autant de renoncements pour si peu de résultats. Il est temps que ce mandat se termine.