Plaidoyer pour des mesures d’urgence lors des pics de pollution
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pollution paris

[Communiqué de presse EELV&A]

A l’issue de la conférence régionale de l’air, le groupe du Rassemblement écologiste et citoyen qui attendait beaucoup de cette initiative en fait un bilan plutôt mitigé. En effet, si les intervenants étaient bien souvent de qualité, l’utilisation médiatique de la conférence n’est pas à la hauteur des attentes des Franciliennes et des Franciliens sur le sujet de la pollution de l’air. « Cette conférence sur l’air s’est en fait révélée n’être qu’un exposé pré-orienté, destiné à valider des décisions prises en amont qui ne prennent en compte ni les attentes des citoyens, ni les avis des experts » a déclaré François Damerval, conseiller régional EELV&A présent lors des débats. Le groupe EELV de la précédente mandature avait porté l’idée d’une conférence citoyenne de l’air de long terme, qui aurait permis de discuter des sujets avec un grand nombre d’acteurs,  émetteurs ou victimes des facteurs de pollution, et de proposer des solutions durables. Au contraire, les conclusions de la conférence semblaient prédéfinies et le groupe EELV&A émet de sérieux doutes sur les actions qui seront entreprises à son issue (notamment au regard du budget alloué, cf. le communiqué de presse sur le budget environnement), d’autant que la Région est maintenant cheffe de file en matière de qualité de l’air, depuis la loi MAPTAM (janvier 2014).

« Lors de la conférence, le nouvel exécutif régional s’est borné à minimiser l’effet sur la santé du trafic routier pour ne s’intéresser qu’à la question biomasse/bois. Ceci pour annoncer les mesures en matière de politique forestière. Mais il faut rappeler que la qualité de l’air francilien est beaucoup trop souvent mauvaise, notamment auprès des axes routiers » rappelle François Damerval. le trafic routier est l’une des sources majeures de la pollution de l’air (plus du quart des émissions) et reste plus facilement régulable que le secteur résidentiel et tertiaire (qui représente plus de 40% des émissions). Par ailleurs, Valérie Pécresse ne semble pas vouloir s’attaquer au diesel, comme en témoigne son refus de nombre d’amendements EELV&A déposés sur le sujet. Au contraire, « le premier geste du Syndicat des transports (Stif) a été de financer de nouveaux bus diesel » a déploré Pierre Serne, administrateur EELV&A au STIF. Ghislaine Senée, une autre élue spécialisée dans les transports considère que cela maintiendra les chaînes de montage des constructeurs de bus en faveur de l’euro6 et non en faveur de l’électrique ou de l’hybride*. « Il aurait fallu renforcer les filtres à particules (moins chers) en solution d’urgence sur les bus à fortes émissions (euro2 ou 3) et favoriser un remplacement plus rapide de la flotte avec une diversité énergétique, dont le GNV et le BIOGNV. Les constructeurs étaient prêts à suivre. C’est une hérésie de faire machine arrière. » Ghislaine Senée rappelle que les scientifiques jugent que l’euro6 encore plus dangereux car indécelable (non mesuré pour le moment) mais plus inhalable.

Pour le groupe, le seul bon point serait la mise en place de la taxe poids lourd, si elle permet la réduction du transit routier. Cette nouvelle recette fiscale pourrait alimenter un fonds de lutte contre la pollution, si toutefois, elle était accordée par l’État. EELV a toujours affirmé son soutien à cette mesure et l’avait déjà soumise à plusieurs reprises à l’exécutif précédent qui l’avait fait votée au budget 2015 (décembre 2014).

Dans les annonces incompréhensibles figure également l’abandon de la mesure de gratuité des transports en période de pics de pollution. « L’abandon de la gratuité dans les transports, c’est surtout la mort annoncée de la mesure de circulation alternée en Île-de-France », traduit Mounir Satouri, qui a plaidé à maintes reprises une automaticité des mesures d’urgence en cas de pics de pollution et la mise en place d’une cellule de crise réunissant la Région, le Ministère de l’Écologie et la Préfecture de Région. En effet, les derniers pics de pollution ont vu plusieurs jours de perdus avant la mise en place de mesures permettant de réduire les émissions. « Si la mesure de circulation alternée est peu plébiscitée, je pense qu’elle est comprise par nos concitoyens. Par ailleurs, les études de mars 2014 témoignent de son efficacité. La supprimer, c’est irresponsable ! » s’indigne le président de groupe, Mounir Satouri.

Enfin – et cet exemple est symptomatique – après le désengagement de départements de droite (Seine et Marne, Hauts de Seine, Yvelines), Airparif a une nouvelle fois vu son budget réduit par la Région Île-de-France de 60 000 €. « Nous craignons fort que Valérie Pécresse veuille casser le thermomètre plutôt que la pollution de l’air » a déploré Mounir Satouri, président du groupe EELV&A. En effet, les communes des départements sus-mentionnés n’ont par exemple plus un accès gratuit à des données ciblées sur leur territoire et ne peuvent plus, en conséquence, informer leurs administrés ou participer à la lutte contre la pollution de manière pro-active et localisée. « Airparif est pourtant l’outil de prévention par excellence. Il permet d’informer la population, les enseignants, les maires… Chacun peut s’abonner à ses messages d’information ou d’alerte », rappelle Mounir Satouri.

*Repère : 1 bus euro2 émet autant de particule que 15 bus diesel euro6 mais 340 bus GNV.

 

D’autres éléments sur le sujet de la pollution de l’air : 

Conférence citoyenne pour l’amélioration de la qualité de l’air en IDF

Amendement Pic de pollution (Budget 2016)

Amendement Pollutaxe (Budget 2016)